Walikale : le Kisiembé, une trompette traditionnelle qui perpétue la communication ancestrale des Wanianga

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Le Kisiembé entre les mains d’un habitant de Walikale

Au cœur du territoire de Walikale, dans la province du Nord-Kivu, plusieurs communautés du secteur des Wanianga continuent de préserver un riche patrimoine culturel transmis de génération en génération. Parmi les symboles les plus emblématiques figure le Kisiembé, une trompette traditionnelle fabriquée à partir d’une corne d’animal, qui demeure un important moyen de communication dans plusieurs villages.

Malgré l’évolution des moyens modernes de communication, le son du Kisiembé continue de rythmer la vie communautaire. Les gardiens de la coutume l’utilisent pour convoquer les habitants aux réunions du village, annoncer des événements importants ou encore inviter la population à des rassemblements communautaires. À chaque appel, les villageois reconnaissent immédiatement le message et y répondent, témoignant ainsi de leur profond attachement aux valeurs ancestrales.

« Nos ancêtres utilisaient déjà ce Kisiembé pour annoncer les rencontres au sein du village. Nous avons le devoir de préserver ces pratiques afin de valoriser notre coutume et de transmettre notre héritage aux générations futures », explique un gardien de la coutume.

Pour les détenteurs de la tradition, cet instrument ne constitue pas seulement un moyen de communication. Il symbolise également l’identité culturelle des Wanianga, la solidarité entre les membres de la communauté et le respect des institutions coutumières.

« C’est une belle manière de montrer que nos traditions restent vivantes et continuent de jouer un rôle essentiel dans l’organisation sociale de nos villages », souligne un autre gardien de la coutume.

L’utilisation des instruments à vent pour transmettre des messages remonte à plusieurs siècles dans différentes communautés de la République démocratique du Congo. Bien avant l’apparition des téléphones et des radios, ces trompettes traditionnelles permettaient d’informer rapidement les populations des cérémonies, des réunions coutumières, des deuils, des célébrations ou encore des situations nécessitant une mobilisation collective.

« C’est une fierté pour nous. Même lorsque nous sommes loin du village, le simple son du Kisiembé nous permet de comprendre ce qui s’y passe. Le plus important, c’est que les jeunes générations apprennent elles aussi à l’utiliser. Je suis vraiment fier de ma culture », témoigne un habitant.

Dans plusieurs villages du secteur des Wanianga, cette pratique demeure solidement ancrée dans les habitudes. Pour les autorités coutumières, elle contribue également à préserver l’équilibre social, culturel et spirituel de la communauté.

« Si nous nous détournons de nos traditions, les ancêtres finiront par nous abandonner. Nous risquons alors de connaître les calamités qui frappent d’autres régions. Le respect de nos traditions protège notre peuple », affirme un chef coutumier.

Au-delà de sa fonction de communication, le Kisiembé incarne la mémoire collective des Wanianga. Il rappelle l’importance du respect des coutumes, de l’autorité traditionnelle et de la solidarité entre les habitants. Dans un contexte où de nombreuses pratiques culturelles tendent à disparaître sous l’effet de la modernisation et des conflits, la préservation de cet héritage apparaît comme un véritable acte de résistance culturelle.

À travers le maintien de cette tradition, les communautés du secteur des Wanianga démontrent qu’il est possible de concilier les réalités du monde moderne avec la sauvegarde des pratiques héritées des ancêtres. L’usage du Kisiembé illustre ainsi la volonté de préserver une identité culturelle forte, qui continue de jouer un rôle fondamental dans la cohésion sociale et la transmission des valeurs aux jeunes générations.