Au-delà de la question sécuritaire, le premier vice-président de l'Assemblée nationale Jean-Claude Tshilumbayi a consacré une large partie de son intervention, ce vendredi soir sur le Live Space X de Stanis Bujakera Tshiamala, à détailler les dysfonctionnements institutionnels que la Constitution de 2006 aurait selon lui rendus impossibles à corriger.
Sur la question des provinces, le verdict du professeur est sans appel. « Les provinces ne fonctionnent pas. Aucune d'elles n'a la capacité de s'auto-administrer ni de porter les charges que la Constitution leur a attribuées. Et cela déstabilise l'État », a-t-il affirmé, dénonçant le verrou de l'article 220, qui interdit toute modification susceptible de réduire les droits des provinces.
Il a rappelé avec ironie que ce même article avait déjà été contourné en 2011 pour réduire les pouvoirs des assemblées provinciales. « Personne ne s'en plaignait à l'époque, parce qu'il s'agissait de ceux qui avaient tué et qui avaient droit à leur Constitution », a-t-il lâché.
Sur le Sénat, le professeur Tshilumbayi a été particulièrement virulent. « Avec trois voix au suffrage indirect, on peut devenir sénateur. Ça se règle à coups de combines de toutes sortes. On a des personnes qui deviennent gouverneurs là où leurs partis n'ont réalisé aucun député », a-t-il dénoncé, estimant que ces anomalies ne peuvent être corrigées qu'à travers une refonte complète du texte constitutionnel.
Une Constitution, selon lui, trop chargée, trop verrouillée et trop déconnectée des réalités congolaises pour pouvoir encore servir de socle à la gouvernance d'un pays en crise.