La situation sécuritaire dans l'Est de la République démocratique du Congo était à l'ordre du jour d'une session du Conseil de sécurité des Nations unies à New-York aux États-Unis d'Amérique. Cette instance de l'ONU, chargée de la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales, a auditionné, ce vendredi 26 juin 2026, Massad Fares Boulos, conseiller principal des États-Unis pour les affaires africaines, très impliqué dans la recherche d'une solution à la crise dans la région des Grands Lacs.
Cette séance, qui a coïncidé avec le premier anniversaire de la signature de l'Accord de Washington au niveau ministériel entre Kinshasa et Kigali, a permis au "Monsieur Afrique" de l'administration Trump de dresser un bilan. Selon ce proche collaborateur de Donald Trump, le constat est sans appel : ni Kinshasa ni Kigali n'ont respecté les engagements pris dans le cadre de l'Accord de Washington.
"Ce mois-ci, nous avons commémoré le premier anniversaire de la signature de l'accord de Washington, ce qui nous permet de faire le bilan sur nos réalisations, de passer en revue les défis et les obstacles à la mise en œuvre, et de faire fond sur ce travail pour parvenir à une paix durable. En dépit des progrès, les parties continuent à ne pas honorer leurs obligations. La RDC n'a pas honoré ses obligations pour la neutralisation des FDLR, en tout cas dans les zones contrôlées. Dans le même temps, le Rwanda n'a pas honoré ses engagements concernant le retrait des Forces de défense du Rwanda, Il continue de soutenir le M23", a déploré Massad Fares Boulos lors de son intervention.
Occasion pour celui qui a piloté ces discussions jusqu'à la signature de l'Accord de Washington d'adresser un avertissement ferme aux deux parties au nom des États-Unis d'Amérique. Pour Massad Fares Boulos, les excuses ne sont désormais plus acceptables en ce qui concerne le respect des engagements pris. Il a exhorté Kinshasa et Kigali à honorer pleinement les obligations auxquelles ils ont souscrit, estimant que le temps est désormais à la mise en œuvre concrète de l'accord plutôt qu'aux justifications.
"Des progrès sur ces deux volets sont nécessaires depuis très longtemps. Les excuses ne sont plus acceptables, les retards non plus. Comme nous l'avons prouvé, les États-Unis s'assureront que ceux qui minent la paix dans l'Est de la RDC rendent des comptes. En mars, par exemple, nous avons sanctionné les Forces de défense du Rwanda pour leur soutien, leur formation et leur combat actif aux côtés du M23. Et hier, nous avons placé sous sanctions un réseau travaillant en coordination avec le M23 afin de faire sortir illégalement des minerais de la RDC vers le Rwanda", a fait remarquer Monsieur Afrique de l'administration Trump.
En dépit de l’existence de l’Accord de Washington et des réunions d’évaluation qui se succèdent, la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) continue de se détériorer. Cette évolution intervient malgré la multiplication des initiatives diplomatiques censées contribuer à la résolution de la crise.
L’érosion de la confiance entre les parties ainsi que le manque de volonté politique de certains acteurs régionaux, qui freine la mise en œuvre effective des engagements pris, demeurent des défis majeurs pour les médiateurs, notamment les États-Unis d’Amérique et l’État du Qatar. Ces derniers sont appelés à poursuivre leurs efforts en faveur d’une issue à la crise sécuritaire actuelle, marquée par la présence de la rébellion de l’AFC/M23, que Kinshasa accuse d’être soutenue par le Rwanda.
Face à cette situation, des voix continuent de s’élever aux niveaux national, régional et international pour appeler les différents protagonistes au respect des engagements souscrits dans le cadre des initiatives de paix. Toutefois, ces appels demeurent jusqu’à présent sans effet notable. L’objectif de réduire le fossé persistant entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques enregistrées sur le papier peine encore à se concrétiser. Chaque partie continue, en effet, d’interpréter les dispositions de l’accord selon sa propre lecture, rendant sa mise en œuvre davantage hypothétique.
Il en va de même pour le processus de Doha, placé sous l’égide de l’État du Qatar. Malgré plusieurs cycles de discussions, Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23 peinent toujours à accorder leurs positions sur les principaux points de divergence. L’étape de Montreux, en Suisse, qui devait insuffler une nouvelle dynamique à ce processus, n’a pas produit les résultats escomptés. Les engagements issus de cette phase de négociations n’ont pas été pleinement respectés, tandis que la détérioration de la situation sécuritaire au Moyen-Orient a également contribué à reléguer ce dossier au second plan, ralentissant davantage les efforts de médiation.
Clément MUAMBA