« La Constitution actuelle est une prime à la criminalité », Tshilumbayi défend le changement constitutionnel et accuse l'Église de bénir les rebelles

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Invité ce vendredi soir sur le Live Space X de Stanis Bujakera Tshiamala, le professeur Jean-Claude Tshilumbayi, premier vice-président de l'Assemblée nationale et haut cadre de l'UDPS, a livré une défense du projet de changement constitutionnel, n'hésitant pas à mettre en cause l'Église catholique et à qualifier la Constitution de 2006 de « prime à la criminalité ».

Pour le premier vice-président de l'Assemblée nationale, le texte actuel a été conçu pour protéger ceux qui ont pris les armes. « Cette Constitution a été faite pour béatifier, pour sanctifier, pour honorer ceux qui ont tué, qui ont violé et qui ont pillé », a-t-il affirmé, citant en exemple le procès Matata Ponyo, où la Cour constitutionnelle s'était déclarée incompétente pour juger l'ancien Premier ministre.

« On vous a lu la Constitution pour dire que l'ancien Premier ministre n'est pas justiciable. C'est parce que cette Constitution était un sanctuaire du crime. Il ne faut pas continuer avec ça », a-t-il tranché.

Le professeur Tshilumbayi s'en est également pris au cycle infernal guerre-dialogue-partage du pouvoir, qu'il impute en partie à l'attitude de l'Église. « Les gens qui prennent les armes aujourd'hui sont rassurés : ils font la guerre, les évêques convoquent un dialogue, ils vont s'asseoir et partager le pouvoir. C'est l'assurance qu'ils ont que la Constitution sera ignorée », a-t-il déclaré, estimant qu'une nouvelle Constitution devrait rendre imprescriptible le crime de prise d'armes et invalider d'office toute personne s'étant rendue coupable de tels actes. 

Il a également chiffré le coût humain et financier du conflit : « La guerre a coûté 13 milliards de dollars depuis qu'elle a commencé », a-t-il affirmé, pour justifier l'urgence d'une réforme constitutionnelle qui couperait définitivement l'envie de conquérir le pouvoir par les armes.