Interrogé en fin d'émission ce vendredi soir sur le Live Space X de Stanis Bujakera Tshiamala sur l'attaque du siège de la CENCO par des jeunes présentés comme affiliés à l'UDPS, Jean-Claude Tshilumbayi a adopté une posture pour le moins prudente, semant le doute sur la réalité des faits avant de contre-attaquer en remettant l'Église catholique à sa place institutionnelle.
Sur l'attaque elle-même, le premier vice-président de l'Assemblée nationale a d'abord tenu à poser ses distances personnelles. « Je respecte beaucoup les évêques. Je suis catholique moi-même, ancien séminariste », a-t-il précisé, avant de relativiser la version de la CENCO.
« Je prends cette information avec des pincettes. Les images sont là, mais de plus en plus ce genre de montage peut provenir même d'eux-mêmes », a-t-il affirmé, tout en reconnaissant que manifester est un droit et en réaffirmant que l'UDPS est un parti de non-violence.
« Nous ne partageons pas l'idée que l'opinion de l'autre soit menacée par des actes de violence et de vandalisme », a-t-il dit, rappelant que des jeunes des « Forces du Progrès » accusés d'avoir violé la demeure de l'ancien président avaient été arrêtés, jugés et condamnés.
Mais c'est sur le rôle politique de l'Église que Tshilumbayi s'est montré le plus offensif. Il a cité deux déclarations épiscopales qu'il juge non fondées : celle selon laquelle l'Accord de Washington aurait « vendu les minerais du Congo aux États-Unis pour des années », et celle de Mgr Chollet affirmant que la communauté swahiliphone était persécutée à Kinshasa, « sans en donner la moindre preuve ».
Fort de ces exemples, il a estimé que l'Église devait se concentrer sur sa mission première, les œuvres sociales prévues par la convention signée avec le CONASEC : écoles, hôpitaux et centres de santé. « Ces structures souffrent. Il faut qu'un député passe pour déposer un matelas, et après, c'est vendu. L'Église a du travail à faire », a-t-il lancé.
Il a conclu par une référence historique : « La notion de souveraineté est née du conflit entre l'Église et l'État en France. L'Église française, aussi importante qu'elle soit avec ses quatre cardinaux, a pris soin de s'occuper des affaires spirituelles pour laisser l'État se gérer par les représentants du peuple. »