Le territoire de Walikale, dans la province du Nord-Kivu, est de nouveau secoué par l'insécurité. Depuis la matinée de ce jeudi 18 juin, de violents combats opposent les factions rivales du groupe armé Uhuru RDC dirigées respectivement par Mashite et Zidane dans la localité de Batakirwa, en groupement Bafuna.
Selon des sources administratives et coutumières locales, les affrontements ont éclaté aux environs de 11 heures entre les villages de Bubere et Iseya. Les deux camps utilisent des armes lourdes et légères, plongeant les populations civiles dans la panique.
Face à l'intensité des combats, plusieurs habitants des villages de Buringa, Tusangwa et Bubere ont abandonné leurs habitations pour trouver refuge dans la brousse. De leur côté, les habitants d'Iseya se dirigent massivement vers Ngora afin de se mettre à l'abri des affrontements.
Les conséquences de cette insécurité se font déjà sentir sur la vie socio-économique de la région. Selon les autorités coutumières du groupement Bafuna, les activités scolaires ont été suspendues dans plusieurs localités affectées par les combats. Le trafic sur l'axe routier Ngora-Ntoto est également interrompu, compliquant davantage les déplacements des populations et l'approvisionnement de la zone.
Au moment de la rédaction de cet article, les échanges de tirs se poursuivaient dans le secteur de Nyabikokoto, où les deux factions continuent de s'affronter.
Ces affrontements surviennent quelques heures seulement après une alerte lancée par le chef de groupement Bafuna. Dans la matinée de ce jeudi, celui-ci avait signalé l'arrivée de combattants fidèles à Mashite dans le village de Kilambo, chef-lieu du groupement, et mis en garde contre un risque imminent d'affrontements avec la faction rivale de Zidane.
Depuis plusieurs mois, des tensions persistantes opposent les différentes factions d'Uhuru RDC dans plusieurs villages des groupements Bafuna et Waloa Uroba. Les rivalités liées au contrôle des zones d'influence et des ressources locales ont régulièrement alimenté des violences armées, exposant les populations civiles à des déplacements forcés et à de multiples violations de leurs droits.
La reprise des combats ce jeudi fait craindre une aggravation de la situation humanitaire dans cette partie du territoire de Walikale, où plusieurs milliers de personnes vivent déjà dans une grande précarité en raison de l'insécurité récurrente.
Les autorités locales appellent à une intervention rapide afin de protéger les civils et d'éviter l'extension des affrontements vers d'autres localités du groupement Bafuna.