Est de la RDC: le Sénat dénonce l’occupation persistante de certaines zones par la coalition RDF-AFC-M23 et appelle au respect des engagements pris dans le cadre des processus de paix

Les membres du bureau du Sénat
Les membres du bureau du Sénat

Le Président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge a, à l’occasion de la clôture de la session ordinaire de mars 2026, réaffirmé l’engagement de la Chambre haute du Parlement à accompagner les efforts diplomatiques entrepris par Félix Tshisekedi en faveur du retour de la paix et de la stabilité dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Dans son discours prononcé lundi 15 juin, Sama Lukonde est revenu sur les accords stratégiques et de paix conclus à Doha et à Washington sous l'égide des États-Unis d'Amérique et de l'État du Qatar. Il a estimé que leur mise en œuvre effective par toutes les parties concernées pourrait ouvrir une nouvelle page de l’histoire du pays, marquée par la paix, le développement et la prospérité. 

Le Président du Sénat a également dénoncé la poursuite de l’occupation de certaines localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu par l’armée rwandaise et les rebelles de l’AFC-M23, estimant que cette situation compromet l’esprit et la lettre des engagements pris dans le cadre des accords conclus.

" La session qui arrive à son terme augure une période porteuse d’espoir pour notre pays dans la mesure où l’application effective, par toutes les parties concernées, des accords stratégiques et de paix signés respectivement à Doha et à Washington ouvriront une nouvelle ère de paix, de développement et de prospérité. Toutefois, la persistance de l’occupation de certaines parties des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu par l’armée rwandaise et ses supplétifs de l’AFC-M23 met en mal l’esprit et la lettre des accords conclus", a-t-il souligné dans son discours. 

Sama Lukonde a rappelé que la RDC a démontré sa bonne foi à travers la ratification des accords concernés par le Parlement, appelant les autres parties à respecter leurs engagements. Le président du Sénat a également exprimé la solidarité nationale envers les populations de l’Est touchées par le conflit armé, tout en rendant hommage aux forces qui défendent le territoire national.

" Il revient donc au Rwanda et à ses supplétifs de respecter les accords signés au risque d’engager leur responsabilité devant l’histoire. C’est ici le lieu de réitérer notre solidarité aux populations de l’Est du pays affectées par cette guerre injuste qui nous est imposée, ainsi que notre soutien indéfectible à nos vaillantes Forces armées de la République démocratique du Congo, à la Police nationale congolaise, aux services de sécurité et de défense, ainsi qu’aux patriotes Wazalendo, pour leur engagement constant à défendre la patrie au prix de leur vie ", a déclaré Jean-Michel Sama Lukonde. 

Par ailleurs, il a attiré l’attention sur la situation sécuritaire préoccupante dans les provinces de l’Ituri et du Haut-Uele, où les populations continuent de subir des attaques meurtrières attribuées aux groupes terroristes. En exprimant sa compassion envers les populations affectées, il a exhorté le gouvernement à redoubler d’efforts afin de mettre un terme à ces violences.

" Autant nous nous focalisons sur la situation de la sécurité dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, autant nous nous préoccupons de la situation de nos populations des provinces de l’Ituri et du Haut-Uele victimes des actes terroristes qui causent presque quotidiennement des pertes en vies humaines. En exprimant notre solidarité à nos frères et sœurs de l’Ituri et du Haut-Uele, nous demandons au Gouvernement de mettre tout en œuvre afin de mettre fin à ces atrocités ", a recommandé le Président du Sénat. 

La situation sécuritaire dans cette partie du pays continue néanmoins de se détériorer. En dépit de l’existence de l’Accord de Washington, obtenu sous l’égide des États-Unis d’Amérique, ainsi que du processus de Doha mené sous l’égide de l’État du Qatar, avec l’appui de l’Union africaine, et malgré les réunions d’évaluation qui se succèdent, la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) demeure préoccupante. Les populations civiles de coin de la République Démocratique du Congo continuent d’être les principales victimes des violences et des déplacements forcés, aggravant davantage une situation humanitaire déjà catastrophique, dans un contexte international marqué par la baisse des financements destinés à l’aide humanitaire.

Face à cette situation, des voix continuent de s’élever aux niveaux national, régional et international pour appeler les différentes parties prenantes au respect des engagements souscrits dans le cadre des initiatives de paix. Toutefois, ces appels demeurent, jusqu’à présent, sans effet notable. L’objectif visant à réduire le fossé persistant entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques enregistrées sur le papier peine encore à se concrétiser. Chaque partie continue, en effet, d’interpréter les dispositions des accords selon sa propre lecture, rendant leur mise en œuvre toujours plus incertaine.

Clément MUAMBA