Manifestations de la C64 : la Belgique condamne les violences survenues à Kinshasa et soutient l’ouverture d’une enquête

Manifestation de l'opposition le 12 juin 2026 à Kinshasa
Manifestation de l'opposition le 12 juin 2026 à Kinshasa

Les violences survenues à Kinshasa, à la suite de la manifestation de l'opposition réunie au sein de la coalition C64, visant à exiger le retrait de la proposition de loi sur le référendum qu’elle considère comme une voie ouverte au changement de constitutionnelle permettant à Félix Tshisekedi, à deux ans de la fin de son mandat, de se maintenir plus longtemps à la tête du pays  continuent de susciter des réactions sur la scène nationale et internationale.

Le Vice-Premier ministre belge, ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement, Maxime Prévot, a exprimé sa préoccupation face aux débordements enregistrés dans la capitale congolaise.

Le chef de la diplomatie belge a, dans une réaction publiée samedi 13 juin 2026 sur son compte X, rappelé l’importance du respect des libertés fondamentales, tout en insistant sur le cadre légal qui doit encadrer les manifestations publiques.

"Les troubles d’hier à Kinshasa sont interpellants. Les débordements violents, l’usage excessif de la violence qui aurait entraîné jusqu’à la perte de vies humaines et le saccage de sièges de parti n’ont pas leur place en démocratie. La liberté de manifester pacifiquement son opposition est un principe essentiel, dans le respect des lois de la République", a-t-il souligné dans sa réaction.

Maxime Prévot a également pris acte de l’ouverture d’une enquête par les autorités congolaises et appelle à sa conduite impartiale.

"Nous prenons note avec satisfaction de l’enquête annoncée et espérons que les autorités pourront faire la lumière objective sur le déroulé des événements et sur les responsabilités des auteurs de violences, d’où qu’elles proviennent", a-t-il ajouté dans sa réaction.

L'opposition politique réunie au sein de la Coalition 64 (C64) avait annoncé un sit-in devant le Palais du Peuple, siège du Parlement congolais, afin de protester contre la proposition de loi relative au référendum. Cette plateforme estime que cette initiative ouvrirait la voie à un changement de la Constitution et constituerait une manœuvre du pouvoir visant à permettre au président Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir au-delà des limites prévues par la Constitution.

Pour les leaders de la coalition, cette démarche s'apparente à un "coup d'État constitutionnel " de la part d'un dirigeant qui avait prêté serment de défendre la Constitution. Ils soutiennent que cette initiative intervient alors qu'il reste environ deux ans avant la fin du second et dernier mandat constitutionnel du chef de l'État, dont l'échéance est prévue en 2028, avec une passation de pouvoir attendue en janvier 2029.

Toutefois, le choix du Palais du Peuple comme lieu de rassemblement a été rejeté par les autorités provinciales. Le gouverneur de Kinshasa a proposé aux organisateurs de tenir leur manifestation au terrain Assossa. Une option refusée par la Coalition 64, qui considère le Palais du Peuple comme un lieu hautement symbolique au regard de l'objet de sa revendication, à savoir le retrait de la proposition de loi sur le référendum.

Cette divergence sur le lieu de la manifestation a contribué à tendre davantage le climat. Des altercations ont ensuite éclaté entre des manifestants et les forces de l'ordre. Les incidents ont fait plusieurs blessés. Les responsables de l'opposition affirment également que des pertes en vies humaines ont été enregistrées, un bilan qui est rejeté par les dirigeants de la ville de Kinshasa.

Clément MUAMBA