Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a condamné les incidents survenus lors de la manifestation organisée par l'opposition réunie au sein de la coalition C64. Cette mobilisation visait à exiger le retrait de la proposition de loi sur le référendum actuellement en examen au Parlement. Selon l'opposition, ce texte a pour objectif d'ouvrir la voie au changement de la constitution et de permettre la prolongation du pouvoir du président Félix Tshisekedi, alors que le pays se trouve à deux ans de la fin de son second et dernier mandat à la tête de la RDC.
Dans un communiqué du Ministère de la Communication et Médias, dirigé par Patrick Muyaya, rendu public ce samedi 13 juin 2026, le gouvernement indique que des blessés ont été enregistrés parmi les manifestants ainsi que dans les rangs des forces de l'ordre. Les autorités signalent également d'importants dégâts matériels, notamment l'incendie de plusieurs véhicules et la destruction de biens publics et privés.
Le Gouvernement précise, dans le même document, que le Ministre d'État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, a rendu visite aux responsables des formations politiques concernées afin d'échanger sur les circonstances des événements et d'en évaluer les conséquences.
"Le Gouvernement réaffirme son attachement aux libertés publiques consacrées par la Constitution de la République, notamment la liberté d'expression, la liberté de réunion et le droit de manifestation pacifique. Il rappelle que l'exercice de ces droits et libertés s'inscrit dans le respect des lois de la République, de l'ordre public ainsi que de la sécurité des personnes et des biens. Afin d'établir avec précision les circonstances des incidents enregistrés au cours de cette manifestation, les services compétents ont été instruits de procéder à toutes les vérifications nécessaires dans le strict respect de la loi", précise le communiqué du gouvernement de la République.
Dans le même registre, le gouvernement de la République via le ministère de la Communication et Medias appelle l'ensemble des acteurs politiques, sociaux et de la société civile à faire preuve de retenue et de responsabilité. Ce portefeuille dirigé par Muyaya Patrick Muyaya réaffirme son attachement à la concertation à travers les mécanismes légaux, institutionnels et républicains.
"Le Gouvernement réaffirme sa détermination à garantir la sécurité des personnes et de leurs biens, à préserver l'ordre public et à poursuivre les efforts nécessaires au maintien de la paix publique et de la cohésion nationale", souligne le communiqué du gouvernement.
L'opposition politique réunie au sein de la Coalition 64 (C64) avait annoncé un sit-in devant le Palais du Peuple, siège du Parlement congolais, afin de protester contre la proposition de loi relative au référendum. Cette plateforme estime que cette initiative ouvrirait la voie à un changement de la Constitution et constituerait une manœuvre du pouvoir visant à permettre au président Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir au-delà des limites prévues par la Constitution.
Pour les leaders de la coalition, cette démarche s'apparente à un "coup d'État constitutionnel " de la part d'un dirigeant qui avait prêté serment de défendre la Constitution. Ils soutiennent que cette initiative intervient alors qu'il reste environ deux ans avant la fin du second et dernier mandat constitutionnel du chef de l'État, dont l'échéance est prévue en 2028, avec une passation de pouvoir attendue en janvier 2029.
Toutefois, le choix du Palais du Peuple comme lieu de rassemblement a été rejeté par les autorités provinciales. Le gouverneur de Kinshasa a proposé aux organisateurs de tenir leur manifestation au terrain Assossa. Une option refusée par la Coalition 64, qui considère le Palais du Peuple comme un lieu hautement symbolique au regard de l'objet de sa revendication, à savoir le retrait de la proposition de loi sur le référendum.
Cette divergence sur le lieu de la manifestation a contribué à tendre davantage le climat. Des altercations ont ensuite éclaté entre des manifestants et les forces de l'ordre. Les incidents ont fait plusieurs blessés. Les responsables de l'opposition affirment également que des pertes en vies humaines ont été enregistrées, un bilan qui est rejeté par les dirigeants de la ville de Kinshasa
Clément MUAMBA