Rencontre avec l'opposition : le ministre de la Justice contredit par Bolengetenge

Manifestation de l'opposition le 12 juin 2026 à Kinshasa
Manifestation de l'opposition le 12 juin 2026 à Kinshasa

Selon nos informations, le ministre de la Justice Guillaume Ngefa a rencontré vendredi tard dans la soirée les opposants Martin Fayulu et Jean-Marc Kabund-a-Kabund, au lendemain de la répression du sit-in de la Coalition C64 devant le Palais du Peuple. « Il voulait voir ce qu'il en était exactement, et il a constaté que sa collègue avait tort », confie une source, faisant référence aux déclarations de la vice-ministre de l'Intérieur qui avait évoqué une « mise en scène ». L'opposant Delly Sesanga avait également été contacté, mais son état de santé n'avait pas permis la rencontre.

Dans un communiqué publié samedi, Ngefa avait affirmé avoir « rencontré les responsables des formations politiques d'opposition concernées par les manifestations », précisant que ces échanges avaient permis de « revenir en détail sur les circonstances des incidents, d'en analyser les causes et d'en évaluer les conséquences. »

Une version que contredit Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général d'Ensemble pour la République, parti de Moïse Katumbi, invité samedi sur le live Space animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala. Membre du présidium de la Coalition C64, il affirme n'avoir été ni contacté ni reçu. 

« Le ministre de la Justice nous a rencontrés en rêve ou je ne sais pas dans quelle circonstance », a-t-il ironisé, s'interrogeant sur l'absence de toute communication conjointe au sortir de cette prétendue réunion. 

« Pourquoi n'avons-nous pas eu la possibilité de nous exprimer devant la presse, comme nous l'avons fait au sortir de notre rencontre avec le gouverneur de province il y a quarante-huit heures ? » 

Sur le fond, Bolengetenge a appelé le pouvoir à cesser ce qu'il qualifie de manœuvres dilatoires. « Faut arrêter de blaguer comme ça avec le sort de toute une nation », a-t-il lancé, plaidant pour un dialogue national inclusif et mettant en cause la légitimité représentative du camp pro-révision : « Il faut nous sortir la liste de cette formation politique pour qu'on voie qui représente au sein de l'opposition et de l'opinion nationale. »