Invité jeudi du live Space animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le Professeur André Mbata, président de la commission PAJ de l'Assemblée nationale, a rejeté les accusations d'opportunisme politique dont il fait l'objet depuis qu'il défend ouvertement le changement constitutionnel.
Mis en cause sur une supposée évolution de ses positions doctrinales au gré des alternances politiques, le constitutionnaliste a opposé une fin de non-recevoir catégorique. « La prémisse est fausse. Je n'ai pas changé », a-t-il affirmé, promettant d'en apporter la démonstration au fil de l'émission. Pour lui, assimiler un juriste à un politicien changeant de camp selon les circonstances relève d'une confusion des genres. « Il ne faut pas me traiter à l'aune des observations que vous faites pour les politiciens classiques », a-t-il lancé.
Soucieux d'asseoir d'emblée son autorité académique, Mbata a tenu à rappeler un parcours scientifique qu'il juge insuffisamment mis en avant. Il se présente comme le premier professeur noir de droit public à l'Université d'Afrique du Sud, fondée en 1871, professeur extraordinaire dans cette même institution, et ancien professeur invité à l'Université Paris-Sud, qu'il qualifie de « l'une des meilleures universités européennes ». Il revendique également avoir formé plus de vingt-cinq professeurs d'université à travers le continent africain.
Revendiquant une position à la croisée des traditions juridiques francophone et anglophone, il a estimé qu'un scientifique a le droit et même le devoir de faire évoluer sa thèse. « Un scientifique peut réviser sa thèse et il n'a pas péché », a-t-il soutenu, invoquant le principe de la revue de littérature en vigueur dans le monde académique.