Massacres de civils dans l’Est de la RDC : le député Enock Batsotsi critique la gestion du débat à l’Assemblée nationale

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Le député national Enock Batsotsi Nyamwisi

Les députés nationaux élus du Nord-Kivu et de l’Ituri ont quitté la salle des séances de l’Assemblée nationale, samedi 13 juin, à Kinshasa. Parmi eux, le député Enock Batsotsi Nyamwisi a exprimé son désaccord avec la manière dont les débats sont menés au sein de l’hémicycle concernant les massacres perpétrés contre les populations civiles par les rebelles ADF dans les provinces du Nord-Kivu, de l’Ituri et du Haut-Uele.

L’élu estime que des mesures urgentes devraient être prises afin de mettre un terme à cette violence qui ensanglante la région depuis plus d’une décennie.

Selon Enock Batsotsi Nyamwisi, il s’agissait de la deuxième comparution des vice-Premiers ministres en charge de la Défense nationale et de l’Intérieur devant les députés nationaux pour répondre à leurs préoccupations sécuritaires. Cependant, une partie des parlementaires ainsi que le bureau de l’Assemblée nationale se sont opposés à la tenue de ces échanges à huis clos, une position vivement contestée par les élus des provinces affectées par les massacres.

« Je désapprouve fermement la manière dont le débat est conduit dans notre chambre, l’Assemblée nationale, au sujet des massacres de nos populations à Beni, Lubero, Irumu et Watsa par les terroristes ADF. C’est la deuxième fois que les vice-Premiers ministres de la Défense et de l’Intérieur viennent répondre aux questions des députés en huis clos, mais certains collègues ainsi que le bureau nous refusent cet exercice pourtant salutaire pour notre nation. Nous ne sommes pas d’accord », a-t-il déclaré.

Pendant que les discussions se heurtent aux procédures parlementaires à Kinshasa, la situation sécuritaire demeure préoccupante dans les zones touchées. Pour Enock Batsotsi Nyamwisi, refuser un débat approfondi et sécurisé sur ces massacres revient à minimiser la souffrance de millions de Congolais confrontés quotidiennement à la menace des groupes armés.

La tension est montée d’un cran samedi à l’Assemblée nationale. Les députés du Nord-Kivu et de l’Ituri ont dénoncé l’attitude de certains de leurs collègues ainsi que les décisions du bureau de la chambre basse du Parlement concernant la gestion du dossier des massacres de civils.

En signe de protestation, ces élus ont annoncé la suspension de leur participation aux travaux de la session ordinaire en cours ainsi qu’à la prochaine session extraordinaire, jusqu’à la convocation des ministres concernés, notamment ceux de la Défense nationale et de l’Intérieur. Ils exigent des réponses concrètes et des solutions face à la recrudescence des attaques attribuées aux ADF dans la région de Beni.

Dieubon Mughenze