« Ce que je fais pour le changement de la Constitution, il y a le "Ainsi dit l'Éternel" » : l'archevêque Ejiba Yamapia assume une posture prophétique

Ejiba Yamapia, président de la plateforme des Églises du Réveil du Congo
Ejiba Yamapia, président de la plateforme des Églises du Réveil du Congo

Il ne s'en cache pas. L'archevêque Ejiba Yamapia revendique ouvertement une double légitimité dans son engagement en faveur de la révision constitutionnelle : celle du citoyen, et celle du prophète. Interrogé mardi lors d'un live Space sur X, organisé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le pasteur a livré une déclaration qui tranche avec le registre strictement juridique ou politique habituellement mobilisé dans ce débat.

« Dans votre combat pour le changement de la Constitution, il y a le "Ainsi dit l'Éternel" », a affirmé l'archevêque avec une assurance tranquille. Pour Ejiba Yamapia, son engagement ne procède pas seulement d'une analyse constitutionnelle ou d'une conviction citoyenne. Il est, dit-il, le fruit d'une indication prophétique reçue personnellement, et confirmée, selon lui, par plusieurs prophètes. « Je dis haut et fort à tous les prophètes de la République démocratique du Congo qui prient, qui reçoivent des messages prophétiques : je les renvoie à la prière, et qu'ils m'apportent le contraire. »

Un défi lancé à visage découvert à la communauté évangélique et charismatique du pays, dont le poids moral et politique dans l'espace public congolais reste considérable.

Pour asseoir sa crédibilité, l'archevêque a convoqué son propre parcours. Fort de plus de quarante ans de ministère pastoral, il a rappelé qu'il avait traversé toutes les époques politiques de la RDC sans jamais se laisser instrumentaliser. « Mobutu m'a laissé pasteur. Mzee Kabila m'a laissé pasteur. Joseph m'a laissé pasteur », a-t-il énuméré, manière de signifier qu'il ne parle pas en opposant à un homme, mais en serviteur d'une conviction qui lui est, selon lui, supérieure.

Il a également tenu à dissiper tout soupçon de calcul politique à l'égard du chef de l'État actuel. « Ma Bible dit de prier pour ceux qui vous dirigent. Félix Tshisekedi me dirige aujourd'hui, je prie pour lui. La Bible dit : faites du bien au frère dans la foi. Félix Tshisekedi est un frère dans la foi, je dois lui faire du bien. »

Visiblement aguerri aux polémiques que ses prises de position suscitent, l'archevêque a expliqué son silence face aux attaques dont il fait l'objet. « Quand les gens m'injurient, font des caricatures, tu ne m'entendras même pas répondre », a-t-il dit. Non par indifférence, mais par conviction : « J'ai des comptes à rendre à Dieu et j'ai des comptes à rendre à ma nation. »

Cette posture, qu'il décrit comme prophétique plutôt que politique, lui permet, dit-il, de s'affranchir des pressions et des invectives sans y perdre son équilibre. Il a précisé qu'un niveau élevé de spiritualité confère, selon lui, des convictions que les insultes ne sauraient ébranler.