Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a réagi au départ des députés de l’opposition de la plénière de ce mercredi 27 mai 2026, consacrée à l’examen et à l’adoption du rapport de la Commission PAJ sur la proposition de loi relative au référendum, initiée le député Paul-Gaspard Ngondankoy, élu de la majorité parlementaire.
Prenant la parole après la motion d’information du député national Christian Mwando Nsimba et le retrait des élus du groupe parlementaire « Ensemble », M. Boji a rejeté les accusations selon lesquelles les députés nationaux chercheraient à organiser un référendum au sein de l’hémicycle. Il a rappelé que les députés étaient réunis dans le strict cadre de leur mission législative.
« Vous êtes un parlementaire chevronné, et personne ici n’organise le référendum. Nous sommes ici en train d’exercer notre prérogative de légiférer. Il ne faut donc pas chercher à induire en erreur les Congolaises et les Congolais qui nous suivent, en donnant l’impression que nous sommes en train d’organiser un référendum dans cette salle », a réagi Aimé Boji Sangara, président de l'Assemblée nationale
L'élu de Walungu au Sud-Kivu et président de l’Assemblée nationale a insisté sur le fait que le texte en discussion vise uniquement à doter la République démocratique du Congo d’un cadre légal permettant au peuple de se prononcer sur des questions majeures de la vie nationale.
Réagissant au boycott de l’opposition, Aimé Boji Sangara a estimé que chaque groupe politique demeure libre de participer ou non aux travaux parlementaires. Toutefois, il a défendu la nécessité de poursuivre l’examen de cette proposition de loi au nom du respect de la Constitution.
« L’objet du texte examiné aujourd’hui est de doter la République d’un cadre légal permettant à notre population, souverain primaire, de s’exprimer sur des questions importantes de la vie nationale. Si l’opposition ne veut pas que le peuple s’exprime, elle est libre de quitter la plénière mais nous, quant à nous, pensons que la Constitution, en prévoyant cette disposition, l’a fait précisément pour permettre au souverain primaire de s’exprimer sur les grandes questions nationales. C’est donc en toute sérénité que nous allons poursuivre nos travaux », a-t-il ajouté.
Plus tôt dans la séance plénière après l'adoption des points inscrits à l'ordre du jour, les députés de l’opposition, conduits par Christian Mwando, élu de Moba dans la province de Tanganyika et président du groupe parlementaire « Ensemble », ont quitté la salle pour dénoncer l’examen d’un texte sur le référendum dans un contexte marqué, selon eux, par la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays et « l’occupation » de certaines localités par des troupes rwandaises en complicité avec la rébellion de l'AFC/M23
L’Assemblée nationale avait déclaré recevable, jeudi 30 avril, la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo. Présenté et défendu par son auteur, le député Paul Gaspard Ngondankoy, le texte est envoyé à la commission Politique juridique et administrative (PAJ) pour un examen approfondi. Cette commission dispose de dix jours pour déposer le rapport de son travail.
Cette proposition de loi a été déposée le 14 décembre 2024 par le député Paul-Gaspard Ngondankoy. À travers ce texte, son auteur entend combler un vide juridique et adapter le cadre légal du référendum aux exigences de la Constitution en vigueur.
L'opposition voit derrière cette initiative une manoeuvre du régime de Tshisekedi de vouloir changer la Constitution et obtenir un troisième mandat à la tête du pays
Clément MUAMBA