Dix détenus sur les douze transférés mardi 26 mai dans l’après-midi vers la prison centrale de Kangbayi se sont évadés en cours de route à Beni, dans la province du Nord-Kivu. Cet incident relance les préoccupations liées à la sécurité des transfèrements de prisonniers dans une région marquée par une insécurité persistante.
Les détenus ont été embarqués aux environs de 15 heures par le parquet secondaire de Beni pour être conduits à la prison centrale de Kangbayi lorsqu’une évasion est survenue durant le trajet. Le véhicule en provenance du parquet et en direction de la prison a vu près d’une dizaine de détenus s’échapper en pleine circulation, avant de se volatiliser dans la nature.
Selon des témoins, aucun coup de feu n’a été entendu au moment des faits, tandis qu’une partie de la population a assisté à la scène avec stupéfaction.
Le directeur de la prison centrale de Beni-Kangbayi, Tsongo Makelele, a confirmé l’incident, précisant que les détenus ne relevaient pas encore officiellement de son administration pénitentiaire au moment de l’évasion.
À la suite de cet événement, Polycarpe Matemwero, secrétaire du parquet qui convoyait les détenus, a été arrêté pour des raisons d’enquête afin d’éclairer les autorités judiciaires sur les circonstances ayant conduit à cette fuite.
Construite pour accueillir 200 personnes, la prison centrale de Kangbayi héberge actuellement près de 1 366 détenus, soit plus de six fois sa capacité initiale. Cette situation est régulièrement dénoncée par les organisations de défense des droits humains, qui appellent à des mesures concrètes pour réduire la surpopulation carcérale à Beni. Selon la société civile locale, des détenus de cette maison carcérale vivent sans nourriture depuis près de trois mois, la prison ne recevant plus de rations alimentaires depuis le début de l’année 2026.
Josué Mutanava, à Goma