L'ONU classe la RDC cinquième pays comptant le plus de déplacés au monde et pourrait dénombrer jusqu'à 9 millions d’ici fin 2026 

Le site des déplacés de Kanyaruchinya à Nyiragongo
Le site des déplacés de Kanyaruchinya à Nyiragongo

La République démocratique du Congo compte à ce jour environ 6,47 millions de personnes déplacées, soit plus de la moitié de sa population totale, qui est de 113 millions d’habitants. Ces chiffres la placent désormais à la 5ème place au rang des pays comptant le plus de personnes déplacées, après le Soudan, la Syrie, l’Afghanistan et l’Ukraine, d’après un nouveau rapport de l’ONU.

Le document souligne que cette situation s'est empirée en raison de fréquentes offensives des rebelles de l'AFC/M23 dans les Nord et Sud-Kivu,  autour de Goma, Bukavu, Masisi, Sake et Minova, dans l'Est de la RDC, précisément. 

Entre janvier et février de l’an dernier, indique le rapport, plus de 700 000 personnes ont été déplacées à la suite d’importantes offensives rebelles dans les mêmes coins, tandis qu’en décembre de la même année,  une nouvelle offensive du M23 au Sud-Kivu faisait fuir plus de 500 000 personnes «en un peu plus d’une semaine», selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) et UN News.

«Le pays compte désormais environ 6,47 millions de personnes déplacées sur une population totale de 113 millions d’habitants – ce qui place la RDC au 5ème rang des pays comptant le plus de personnes déplacées, après le Soudan, la Syrie, l’Afghanistan et l’Ukraine», note l’ONU.

Avec l’instabilité sécuritaire dans l’est congolais, la RDC «pourrait dénombrer 9 millions de personnes déplacées d’ici fin 2026, estime le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) si le conflit se poursuit au rythme actuel.»

En conséquence, les femmes et les filles dans l’est de la RDC sont en fait les premières victimes de cette crise, le viol devenu une arme de guerre de destruction des communautés, et le phénomène connait une forte aggravation. Il a augmenté d’un tiers en 2025 par rapport à 2024, selon le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA).

Depuis 1996, les deux Guerres du Congo et l’état de conflit permanent dans les deux Kivu auraient fait plus de 6 millions de morts, selon des estimations souvent citées dans le cadre des rapports de l’ONU.

Malgré des avancées récemment enregistrées à Montreux, en Suisse, où les délégations du gouvernement de Kinshasa et de l’AFC/M23 avaient repris des pourparlers dans le cadre du processus de Doha, les armes ne cessent de retentir et les accusations mutuelles continuent de fuser. Hier dimanche, l’armée congolaise a revendiqué la destruction d’un drone des rebelles, qui survolait les hauts plateaux de Minembwe, dans le territoire de Fizi, province du Sud-Kivu. 

Samyr LUKOMBO