Manifestation du 12 juin : la CNDH retrouve l'une des deux victimes présumées vivante et annonce un rapport d'enquête

Manifestation de l'opposition le 12 juin 2026 à Kinshasa
Manifestation de l'opposition le 12 juin 2026 à Kinshasa

Invité samedi sur le live Space animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, Paul Nsapu, président de la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH), a apporté des précisions importantes sur le bilan des événements du 12 juin à Kinshasa, contredisant partiellement les récits circulant depuis vendredi.

Sur la question des morts, Nsapu a refusé de confirmer le chiffre de deux décès avancé par l'opposition. « Je ne confirme pas un mort parce qu'on n'a pas retrouvé le deuxième mort dont on parle tant », a-t-il déclaré, révélant que l'une des deux victimes présumées, identifiée sous l'alias Ngadajika, serait en réalité vivante. Cet homme, montré sur des vidéos gisant devant le siège de l'ECiDé après avoir reçu un coup de pierre à la tête, aurait été conduit dans un hôpital de la police. « Je l'ai vu, nous avons parlé avec lui », a affirmé le président de la CNDH, précisant toutefois taire le nom de l'établissement où il se trouve « pour sa protection ».

Sur les arrestations, Nsapu a indiqué avoir visité plusieurs cachots et amigos de Kinshasa ce samedi avec ses collaborateurs, concluant que le nombre de personnes arrêtées, interpellées ou disparues « ne devrait pas dépasser trente ». Il a notamment signalé la présence de Georges Bingui Sepa au camp Lufungula, l'homme aperçu sur des vidéos tentant de protéger l'opposant Martin Fayulu, dont il a annoncé la libération imminente grâce à l'intervention des avocats de l'ECiDé. Trois membres de mouvements citoyens resteraient quant à eux détenus aux Services spéciaux, un dossier que la CNDH entend suivre dans la nuit.

Nsapu a par ailleurs révélé la présence parmi les interpellés d'un jeune homme de dix-huit à vingt ans qui aurait reconnu devant les officiers de police judiciaire avoir ramassé une machette sur les lieux des affrontements autour du Palais du Peuple, se réclamant de l'opposition.

Le président de la CNDH a annoncé la publication d'un rapport d'enquête complet au courant de la semaine, promettant d'établir « qui a provoqué, qui a fait quoi », tout en reconnaissant « des dérives de part et d'autre ». « Nous voulons la paix, nous voulons que les libertés fondamentales soient respectées », a-t-il conclu.