Ituri : défection au sein de la CRP, un signal de fragilisation sous pression militaire

Des armes et munitions récupérées dans les propriétés de Mwangachuchu
Des armes et munitions récupérées dans les propriétés de Mwangachuchu

Un cadre de la rébellion CRP annonce son ralliement à la République, alors que les FARDC intensifient leurs opérations dans le Bord de l’Ituri qui est un tournant notable qui s’observe au sein de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP).

L’un de ses cadres, Liévin Binwengi Madipua, a officiellement annoncé sa rupture avec ce mouvement armé dirigé par Thomas Lubanga, déclarant désormais son ralliement aux institutions de la République démocratique du Congo.

Cette déclaration a été faite le jeudi 23 avril 2026 à Bunia, à l’issue d’échanges avec les autorités sécuritaires.

"Je lança un appel direct à mes anciens compagnons, les exhortant à déposer les armes tant qu’il est encore temps, afin de bénéficier des mécanismes de pardon et de réintégration mis en place par l’État, tout en soulignant la nécessité de privilégier la paix au détriment de la lutte armée."

Cette défection intervient dans un contexte de pression militaire croissante exercée par les FARDC.

Selon le porte-parole de l’armée en Ituri, le lieutenant Jules Ngongo, des éléments affiliés à la Convention pour la Révolution Populaire tenteraient actuellement de se repositionner dans le territoire de Mahagi, après avoir subi des revers dans celui de Djugu.

"Ce groupes chercheraient à reconstituer leurs capacités et à perturber la stabilité locale, tout en assurant que les forces armées ont renforcé leur dispositif pour contenir toute tentative de résurgence", a-t-il dit.

Cette double dynamique (défection interne et pression militaire) pourrait traduire un affaiblissement progressif de la Convention pour la Révolution Populaire.

Toutefois, la capacité de ces groupes à se redéployer dans d’autres zones, notamment vers le nord de l’Ituri, montre que la menace reste évolutive.

Si cette défection constitue un signal encourageant pour les autorités, elle ne suffit pas à elle seule à inverser la tendance sécuritaire. Entre pertes internes et tentatives de repositionnement, la Convention pour la Révolution Populaire reste un acteur à surveiller dans un contexte où la stabilisation de l’Ituri dépend encore largement de la consolidation des acquis militaires et des efforts de démobilisation.

Freddy Upar, à Bunia