Le matin de ce mercredi 1 avril, l’atmosphère est inhabituelle dans la capitale congolaise. Les grandes artères habituellement saturées de taxis-bus et de motos sont relativement calmes. Devant certains commerces fermés, des groupes discutent tranquillement.
La journée a été déclarée fériée après la qualification historique de la RDC à la coupe du monde 2026. Une décision destinée à permettre à la population de célébrer un moment sportif majeur pour le pays.
Dans ce contexte, nous avons choisi de parcourir quelques quartiers de la capitale afin d’écouter la parole de femmes rencontrées au fil de la matinée. L’objectif n’est pas d’analyser le match, mais de comprendre ce que représente cet événement dans leur quotidien.
Sur l'avenue du commerce dans la commune de la Gombe, Clarisse zola, vendeuse de produits alimentaires, profite du calme inhabituel de la rue.
« Aujourd’hui on sent que la ville respire un peu. Il y a moins de circulation et les gens prennent le temps de discuter. Beaucoup parlent encore du match. Quand c'est l’équipe nationale qui gagne, nous tous on se sent concernés. C’est une réussite partagée. »
Plus loin, devant un petit commerce resté ouvert, Nadège, étudiante, observe le passage encore modéré des habitants.
« La qualification pour la Coupe du monde est une fierté pour le pays. Cela montre que la RDC peut être présente dans une compétition internationale très importante. Maintenant, l’essentiel sera la préparation. La Coupe du monde est un niveau très élevé. »
Dans un salon de coiffure dans la commune de Ngaba, l’activité est réduite mais les discussions sont animées.
Mireille Djala, la responsable du salon, remarque que le football domine les échanges. « Depuis ce matin, les clientes parlent presque toutes de la qualification. On va continuer à fêter jusqu'au retour de nos Léopards. Tous on sera au stade pour les accueillir.»
Une cliente intervient dans la conversation :
« Cet événement est fort et nous a fait oublier toute la misère du pays. L’objectif maintenant c'est de ramener la coupe chez nous. »
À un arrêt de transport presque vide dans la commune de mont ngafula, Sandrine, fonctionnaire, explique que la journée fériée a modifié le rythme habituel de la ville.
« Habituellement, cette route est pleine de véhicules. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus calme. On sent que les gens profitent du moment. La qualification est importante, mais la prochaine étape sera de bien représenter le pays pendant la compétition. »
Dans les rues de Kinshasa, ce jour férié donne à la ville un rythme différent. Moins de circulation, des discussions prolongées devant les maisons ou les commerces, et un sentiment partagé d’avoir vécu un moment important.
Pour beaucoup, cette journée restera surtout celle où la capitale s’est arrêtée, le temps de célébrer une victoire sportive devenue un symbole collectif.