La formation politique chère à Delly Sesanga Hipungu Dja Kaseng Kapitu, Ensemble des volontaires pour le redressement de la RD Congo (ENVOL), dit avoir appris avec une "vive indignation" les événements "tragiques" survenus à Kaniama-Kasese (Haut Lomami), où de jeunes Congolais, mobilisés dans le cadre du programme du Service national pour leur formation et leur réinsertion sociale, ont été la cible d'une répression sanglante. Pour cette formation politique de l'opposition, les événements de Kaniama-Kasese constituent une nouvelle tache indélébile sur la conscience de notre République.
Dans une déclaration rendue publique jeudi 2 avril 2026, le parti Ensemble des volontaires pour le redressement de la RD Congo (ENVOL) fustige le fait que de jeunes Congolais, dont le seul tort est d'avoir réclamé le paiement de leur rémunération, aient été pris pour cibles par des tirs à balles réelles. Plusieurs ont été blessés, d'autres ont perdu la vie. Selon cette formation politique, rien, absolument rien, ne peut justifier que l'on ouvre le feu sur des citoyens désarmés qui revendiquent leurs droits.
"Au-delà de ces événements, nous constatons avec préoccupation la répétition de situations similaires, marquées par un usage disproportionné de la force publique, sans que les responsabilités ne soient clairement établies ni sanctionnées. A chaque fois, le même scénario: violence extrême, silence officiel, absence de sanctions. Cette répétition n'est plus une coïncidence. Elle tend à révéler ce qui devient, de fait, une méthode de gouvernement par la peur et l'impunité", dénonce la formation politique de l'ancien élu de la circonscription électorale de Luiza dans la province du Kasaï-Central.
Cette formation politique affirme refuser que le pays s’installe dans une logique où la vie d’un citoyen ne vaut rien face à l’arbitraire de la force. Rappelant les précédents, elle cite notamment les événements survenus à la prison de Makala dans la nuit du 1er au 2 septembre 2024 (bilan provisoire : 129 morts, tués par balles et étouffés dans des bousculades), ainsi que les violences visant des fidèles Wazalendo lors d’une attaque des forces armées contre un rassemblement pacifique de manifestants non armés en prière à Goma, le 30 août 2023 (56 morts).
Selon ce parti, tous ces crimes sont entourés d’un silence préoccupant et d’une absence de reddition de comptes. Cette accumulation de faits crée le risque d’une banalisation dangereuse de la violence d’État, incompatible avec les exigences d’un État de droit.
"En conséquence, nous : Exigeons l'ouverture immédiate d'une enquête indépendante, impartiale et transparente, afin d'établir les faits et d'identifier toutes les responsabilités, à tous les niveaux de commandement; Demandons que les auteurs, co-auteurs et commanditaires de ces violences soient poursuivis et sanctionnés conformément à la loi; Appelons les autorités publiques à se désolidariser clairement de toute pratique d'usage excessif de la force, et à garantir la protection des citoyens dans l'exercice de leurs droits", lit-on dans la déclaration.
Dans le même document, cette formation politique de l’opposition interpelle l’opinion nationale et internationale, ainsi que les partenaires de la République démocratique du Congo, sur la nécessité de veiller au respect des droits humains et des engagements internationaux du pays.
"Nous demandons, dans un souci de transparence, des clarifications sur la gestion financière du Service National, dont les taux d'exécution des crédits sont parmi les plus élevés du budget national, et dont le rendement présenté comme performant ne devrait en rien justifier l'impaiement des rémunérations et des primes, pour la réclamation desquelles nos jeunes paient de leur vie au prix du sang; Nous le disons avec gravité aucun pouvoir ne peut durablement se maintenir en transformant ses propres citoyens en cibles. La République exige la vérité. La démocratie exige la responsabilité. La justice exige des actes", martèle cette formation politique de l'opposition.
Dès la survenance des faits, renseigne une mise au point de ce service, le Commandant du Service National, le Lieutenant-Général Jean-Pierre KASONGO KABWIK, a réagi avec diligence et fermeté. L'auteur présumé a été immédiatement interpellé et mis à la disposition de l'Auditorat Militaire de Garnison de KAMINA qui a, d'ailleurs, à la demande du Commandant du Service National, ouvert une enquête afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de ce drame.
Les blessés ont été pris en charge et acheminés en urgence vers la clinique du Service National où ils bénéficient des soins appropriés. Le Service National condamne avec la plus grande rigueur cet acte inacceptable, qui constitue une violation grave des règles de discipline et des principes fondamentaux de respect de la vie humaine. Selon ce service, aucune dérive ne sera tolérée, quels qu'en soient les auteurs ou les circonstances,
Clément MUAMBA