Le président de l’Alliance pour le Changement (A.Ch) et de la Coalition de la Gauche congolaise, Jean-Marc Kabund-a-Kabund, poursuit ses contacts en Europe, où il séjourne actuellement. Au cœur de ses échanges figurent la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo ainsi que le plaidoyer en faveur d’un dialogue national inclusif, destiné à réguler les multiples crises qui gangrènent le pays, et à pousser le régime Tshisekedi à en convoquer la tenue.
C’est dans ce contexte qu’il s’est entretenu, mercredi 25 février 2026, avec Johan Borgstam, représentant spécial de l’Union européenne pour la région des Grands Lacs. Face à l’escalade de l’insécurité et à l’aggravation dramatique de la crise humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, rapporte une dépêche de ses services, Jean-Marc Kabund-a-Kabund a réclamé le retrait immédiat des troupes rwandaises du territoire congolais, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies.
"Jean-Marc Kabund a Kabund a également martelé sur la nécessité d’un dialogue politique inclusif et urgent, rassemblant toutes les forces concernées, y compris les groupes armés. Aucune paix durable ne pourra émerger sans une harmonisation crédible et coordonnée des initiatives diplomatiques en cours", précise la source citée.
Réaffirmant sa détermination à défendre les populations civiles et l’intégrité nationale, le président de l’Alliance pour le Changement (A.Ch) et de la Coalition de la Gauche congolaise, Jean-Marc Kabund-a-Kabund, se dit prêt à soutenir toute démarche sérieuse visant à restaurer la stabilité et la souveraineté de la République démocratique du Congo, victime, selon lui, de l’agression rwandaise à travers la rébellion de l’AFC/M23, qui occupe de vastes pans du territoire national dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
La liste des formations politiques opposées aux critères fixés par le chef de l’État, Félix Tshisekedi, en vue de la tenue d’un dialogue national destiné à faire face à la guerre et à l’instabilité dans l’Est de la République démocratique du Congo ne cesse de s’allonger. La dernière en date était l’Alliance pour le changement (A.Ch), parti de l’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale, Jean-Marc Kabund-a-Kabund.
Lors d’une communication faite ce samedi 7 février à Kinshasa, avant son départ pour une tournée européenne, l’ancien secrétaire général du parti présidentiel a jugé incohérente la démarche de Félix Tshisekedi consistant à fixer unilatéralement les règles du dialogue. Selon Jean-Marc Kabund-a-Kabund, le chef de l’État est lui-même perçu comme une partie du problème dans la crise actuelle.
Rejetant ces critères, l’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale a affirmé que « la paix ne se convoque pas comme un meeting, mais se construit dans l’équilibre, l’inclusivité et la légitimité ». Pour lui, « il est politiquement incorrect qu’un pouvoir contesté puisse se choisir ses interlocuteurs, fixer les règles du jeu et les lignes rouges à ne pas franchir de manière unilatérale. Cela s’apparente à un monologue. C’est pour cette raison que nous rejetons avec force un dialogue défini unilatéralement, selon des critères arrêtés par le pouvoir seul », a-t-il déclaré.
Lors de son passage sur France 24, Jean-Marc Kabund-a-Kabund a également critiqué la position du régime Tshisekedi, qui refuse toute discussion avec le M23 au motif que ce mouvement commet des exactions dans l’Est de la RDC et entretiendrait des liens avec le Rwanda.
« Le gouvernement veut faire croire à l’opinion que le seul problème à l’Est du pays s’appelle le M23, mais c’est faux. Les ADF continuent de tuer, il y a les milices CODECO, et plus de 250 groupes armés opèrent dans cette partie du pays, tuant des Congolais. On ne peut pas résumer la question de l’Est de la RDC à l’AFC/M23 et affirmer qu’on ne peut pas dialoguer avec eux sous prétexte qu’ils tuent. Est-ce qu’il n’y a que l’AFC/M23 qui tue ? Nous disons non. Le problème est bien plus large que l’AFC/M23 », a-t-il martelé.
Sur la scène internationale, les initiatives diplomatiques progressent sur le papier mais peinent à produire des résultats concrets sur le terrain, dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et l’AFC/M23. Face à ce statu quo, l’AFC/M23 continue d’administrer de vastes pans du territoire national dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Clément MUAMBA