Beni : reprise timide des activités scolaires à Mutwanga et Mwenda après deux semaines de grève des enseignants, exigeant la libération de leurs collègues de la prison 

Les élèves
Les élèves en pleine salle de classe. Ph. ACTUALITE.CD

Les activités scolaires ont timidement repris ce lundi 27 avril dans plusieurs écoles de Mutwanga et Mwenda, situées dans le secteur de Ruwenzori, territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu.

Cette reprise intervient après deux semaines de suspension des cours, consécutives à une grève des enseignants. Le mouvement avait été déclenché pour exiger la libération de deux enseignants, Kakule Wakisa et Ndambire Roger, détenus à la prison de Kangbayi, dans la ville de Beni.

L’interpellation et le transfert des deux enseignants devant la justice faisaient suite au décès d’un élève, survenu après avoir subi une sanction corporelle et être tombé malade au mois de décembre 2023. Ils avaient été condamnés par la Cour militaire de Beni à des peines allant de 4 à 18 ans de prison ferme pour torture ayant entraîné la mort d’un élève. Ce jugement est contesté par l’Intersyndicale des enseignants, qui indiquait que la grève visait soit la libération des deux enseignants, soit la réouverture d’un nouveau dossier judiciaire.

L’intersyndicale précise que la grève n’a pas été levée, mais seulement suspendue, dans l’attente de la concrétisation des engagements pris par les autorités provinciales en charge de l’éducation. La reprise partielle des cours demeure ainsi conditionnée par l’évolution du dossier judiciaire et par la réponse des autorités aux revendications du corps enseignant.

Pour rappel, le mouvement de grève, initié par les enseignants membres du Syndicat des enseignants des écoles catholiques (SYNECAT/Bungulu), avait été examiné lors d’une rencontre tenue le mardi 21 avril 2026 à Beni, capitale provinciale provisoire du Nord-Kivu. La réunion était présidée par Prisca Luanda Kamala, coordonnatrice principale du gouvernorat militaire du Nord-Kivu en charge de l’éducation.

Les représentants des enseignants grévistes, des parents, des élèves et des autorités scolaires avaient pris part à cette rencontre. À l’issue des échanges, il avait été rappelé que, conformément au principe de la séparation des pouvoirs, l’exécutif provincial ne pouvait interférer dans une affaire judiciaire, tout en appelant à la reprise des activités scolaires dans l’attente de l’aboutissement des démarches engagées.

Josué Mutanava, à Goma