Walikale : recrudescence du paludisme dans la zone de santé de Kibua, les autorités sanitaires tirent la sonnette d’alarme

Test pour diagnostiquer le Paludisme
Test pour diagnostiquer le Paludisme

Le paludisme prend des proportions inquiétantes dans la zone de santé de Kibua, en territoire de Walikale, au Nord-Kivu. Cette maladie reste aujourd’hui la première cause de consultation dans plusieurs structures sanitaires de la région, selon les responsables médicaux locaux.

D’après le médecin-chef de zone, le Dr Yves Tsongo, la situation peine à s’améliorer malgré les efforts fournis par les équipes de santé et les relais communautaires engagés sur le terrain.

" Nous constatons que le paludisme continue de dominer largement les consultations dans nos centres de santé. Les actions de sensibilisation sont menées, mais l’impact reste encore limité ", explique-t-il.

À l’origine de cette persistance, plusieurs facteurs sont évoqués, notamment la forte prolifération des moustiques dans différentes agglomérations de la zone de santé de Kibua. À cela s’ajoute un comportement à risque au sein de la population : l’usage détourné des moustiquaires imprégnées.

En effet, de nombreux habitants n’utilisent pas ces moustiquaires pour dormir, préférant les employer dans la construction des habitations ou encore pour protéger les poussins et les cultures dans les parcelles. Une pratique que déplore le Dr Yves Tsongo.

" Les moustiquaires imprégnées sont conçues pour protéger les personnes contre les piqûres de moustiques pendant la nuit. Les utiliser à d’autres fins expose directement les familles au paludisme ", insiste-t-il.

Autre défi majeur, la pénurie de médicaments antipaludiques dans plusieurs aires de santé.

" Nous faisons face à une carence en médicaments essentiels, ce qui complique la prise en charge correcte des malades ", alerte le médecin-chef de zone.

Face à cette situation préoccupante, le Dr Yves Tsongo appelle la population à adopter des gestes simples, mais efficaces pour se protéger.

" Dormez chaque nuit sous une moustiquaire imprégnée, assainissez votre environnement en éliminant les eaux stagnantes et consultez rapidement un centre de santé dès les premiers signes de fièvre ", recommande-t-il.

Il ajoute : " les moustiquaires ne doivent pas être utilisées pour d’autres activités. Elles sauvent des vies lorsqu’elles sont bien utilisées".

Dans cette zone enclavée où l’accès aux soins reste déjà limité, les autorités sanitaires insistent sur la responsabilité collective pour freiner la propagation du paludisme, qui menace désormais de s’installer durablement comme une véritable crise de santé publique.