Une trentaine de jeunes leaders issus de diverses structures de jeunesse se sont réunis, samedi 25 avril, dans le cadre d’un café d’échange autour du projet Tufaulu Pamoja (NDLR : « Réussir ensemble »). Cette initiative, portée par l’Union des Jeunes congolais pour le Changement, avec l’appui de CAFOD, vise à renforcer l’implication des jeunes dans les processus de gouvernance et de consolidation de la paix en RDC.
Dans un contexte marqué par le chômage, l’exclusion sociale et le manque d’opportunités, le projet Tufaulu Pamoja se positionne comme une réponse innovante, en considérant la jeunesse non pas comme un défi, mais comme une véritable force de transformation. À travers ce programme, plus de 7 200 jeunes devraient bénéficier d’un accompagnement axé sur le leadership, l’entrepreneuriat, la participation citoyenne et la gouvernance, avec une attention particulière accordée aux jeunes filles.
La rencontre de Kinshasa avait pour objectif principal de susciter l’appropriation du projet par les jeunes eux-mêmes. Au cours des échanges, les participants ont été informés des opportunités offertes par Tufaulu Pamoja et sensibilisés à leur rôle stratégique dans la vie publique. L’approche participative adoptée, fondée sur le dialogue interactif et les témoignages, a permis de faire émerger des préoccupations majeures telles que l’accès à l’emploi, la représentation politique des jeunes, la lutte contre la corruption et la promotion de la cohésion sociale.
" L’objectif était de présenter aux jeunes les opportunités offertes par ce projet. Nous accompagnons les jeunes et les femmes, de manière générale, afin de renforcer leur participation, notamment en matière de droits civiques. Plus précisément, ce projet vise à donner aux jeunes et aux femmes les moyens de postuler à des postes de responsabilité, que ce soit au niveau politique ou dans les processus de paix. Il s’agit de leur permettre d’aller de l’avant. Beaucoup de jeunes pensent encore que ce type d’opportunité est réservé aux trois partenaires que nous avons. Or, dans ce cas précis, le projet est ouvert à tous les jeunes et à toutes les femmes ", a expliqué Serge Sikuli, orateur du jour pour le compte de l'organisation.
Et d'ajouter :
" Les initiatives et les différentes actions doivent être portées par l’ensemble des jeunes. Chacun est appelé à apporter sa contribution afin de générer des actions concrètes et impactantes. C’est dans cette logique que nous avons réuni ces jeunes aujourd’hui, pour leur montrer que ce projet est une opportunité accessible à tous, afin d’accéder à des postes de décision, aussi bien par nomination que par voie électorale. L’objectif est qu’ils puissent convaincre, être élus et incarner un leadership accepté ".
Après une nouvelle présentation du projet, mis en œuvre par CAFOD en partenariat avec l’Union des Jeunes congolais pour le changement, le RSLF et la JPC, les échanges ont évolué vers un débat franc et constructif autour d’une question centrale : « pourquoi les jeunes peinent-ils à faire front commun sur des questions d’intérêt collectif ? ». Prenant la parole, le représentant de CAFOD a tenu à préciser que Tufaulu Pamoja constitue une opportunité ouverte à tous les jeunes et aux femmes, même si la composante jeunesse est portée par un réseau spécifique, en l’occurrence l’UJCC.
Au cours des discussions, les participants ont reconnu plusieurs obstacles ayant jusque-là freiné leur unité, notamment la méfiance, les égos personnels et les intérêts financiers. Ils se sont néanmoins engagés à dépasser ces faiblesses afin de construire un front commun capable de défendre efficacement leurs intérêts et de promouvoir des causes d’intérêt général.
" Les jeunes ont souvent tendance à se méfier les uns des autres, ce qui constitue un obstacle à la construction d’un front commun sur des questions d’intérêt général. L’un des objectifs de cette rencontre est donc de briser cette méfiance. Il s’agit de faire comprendre que ce projet n’est pas réservé à un groupe spécifique. Le projet est mis en œuvre par CAFOD, avec l’appui du gouvernement suédois à travers l’ambassade de Suède à Kinshasa, en partenariat notamment avec l’Union des Jeunes Congolais pour le Changement (UJCC)" a indiqué Serge Sikuli dans son intervention
Et de poursuivre :
" Cependant, il est important de préciser que ce projet n’est pas l’apanage d’un regroupement particulier. Il s’adresse à tous les jeunes. Nous voulons ainsi déconstruire cette perception et affirmer clairement que cette initiative est ouverte à tous. Bien entendu, le projet ne pourra pas résoudre l’ensemble des problèmes auxquels les jeunes font face. Mais il constitue une réponse concrète à certains défis, notamment en matière de participation citoyenne et d’accès aux responsabilités ".
Plusieurs personnalités engagées dans les questions de jeunesse, dont Rosiane Kabangu, représentante des jeunes de la République démocratique du Congo au COMESA et membre du comité de contrôle et de suivi du Conseil national de la jeunesse, ont pris part aux discussions. Elles ont encouragé les jeunes à s’impliquer activement dans les processus décisionnels et à devenir de véritables acteurs de changement au sein de leurs communautés.
Au terme de cette activité, des résultats encourageants ont été enregistrés. Trente jeunes ont été mobilisés et informés, tandis qu’une quinzaine de structures de jeunesse se sont engagées à soutenir la dynamique TUFAULU PAMOJA. Les participants ont également défini des priorités de plaidoyer et amorcé la mise en place d’un réseau de relais communautaires chargés de diffuser les messages du projet à plus grande échelle.
Ce cadre d’échanges a par ailleurs permis de renforcer la coordination entre les organisations de jeunesse à Kinshasa, ouvrant ainsi la voie à la création d’une coalition plus structurée et influente. À travers cette dynamique, TUFAULU PAMOJA ambitionne de faire émerger une nouvelle génération de leaders congolais engagés pour la paix, la justice sociale et le développement durable.
Financée dans le cadre du projet TFP II, cette activité s’inscrit dans une démarche globale visant à renforcer les capacités des organisations de la société civile, en particulier celles dirigées par des jeunes et des femmes, afin qu’elles puissent jouer un rôle clé dans l’engagement civique et la transformation sociale. En investissant dans la jeunesse, Tufaulu Pamoja pose ainsi les bases d’un Congo plus stable, inclusif et prospère, où les jeunes deviennent les véritables artisans du changement.
Clément MUAMBA