La République démocratique du Congo a entamé une phase opérationnelle de son partenariat stratégique avec les États-Unis dans le secteur minier, a déclaré le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, à la radio Top Congo FM.
Selon le ministre, la première réunion du comité de pilotage de l’accord, initialement prévue début mars, s’est tenue avec un mois d’avance. « Nous sommes plutôt en avance et des progrès ont été réalisés », a-t-il affirmé. Cette réunion a permis de valider une liste de projets et d’actifs miniers présentés par la RDC, ainsi que des besoins en assistance technique, destinés à être prochainement transmis à des partenaires privés américains.
« Nous passons maintenant de la phase stratégique de gouvernement à gouvernement à une phase plus tactique de business to business », a indiqué le ministre, précisant que des institutions de financement accompagneraient ces projets.
Interrogé sur les déclarations du président américain Donald Trump évoquant « le plus gros deal » conclu par son administration en Afrique, M. Watum Kabamba a salué le « leadership » de l’administration américaine, estimant que les besoins mondiaux en cuivre devraient passer de 23 millions de tonnes par an actuellement à 40 millions d’ici 2040. Il a souligné la nécessité d’investissements massifs, évalués entre 300 et 400 milliards de dollars, pour développer de nouvelles mines.
Le ministre a également insisté sur les réformes engagées par la RDC en matière de gouvernance, de transparence et de sécurité juridique des investissements. « Les meilleurs alliés des investisseurs, ce sont les lois et règlements de notre pays », a-t-il déclaré, évoquant notamment les zones économiques spéciales et les réformes saluées, selon lui, par le Fonds monétaire international et des agences de notation.
Concernant les retombées concrètes, M. Watum Kabamba a cité l’annonce de nouveaux investissements, dont des apports de capitaux de la part du groupe Glencore et d’autres partenariats en cours de finalisation. Il a également mentionné une annonce d’investissement de 300 millions de dollars par une entité identifiée comme IOS.
Le ministre a toutefois appelé à la patience, estimant que les effets des investissements se mesurent « dans la durée ». « Les grands changements ne se font pas du jour au lendemain », a-t-il déclaré.
Il a enfin indiqué que Kinshasa avait rappelé à ses partenaires américains que l’accord conclu en décembre reposait sur une logique « à double sens », incluant la nécessité de stabilité et de paix, évoquant par ailleurs des sanctions « en cours de finalisation », sans en préciser les contours ni le calendrier.