Depuis plusieurs semaines, le territoire de Bukama, dans la province du Haut-Lomami, vit dans un climat sécuritaire préoccupant, marqué par des opérations militaires menées dans certaines zones civiles. C’est dans ce contexte sensible que des événements tragiques ont été signalés, impliquant des populations locales et des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Ces faits ont suscité une vive émotion au sein de la communauté locale et de la diaspora des ressortissants de Bukama.
Dans une déclaration officielle, la députée nationale et Présidente du club BUNDWE, association socio-culturelle des ressortissants du territoire de Bukama, affirme que plusieurs civils innocents ont été victimes de massacres, tandis que d’autres ont subi des arrestations arbitraires lors de ces opérations militaires.
« Des citoyens paisibles ont été arrêtés, torturés ou tués sur la base de fausses informations, en violation flagrante des lois de la République et des droits fondamentaux de l’Homme », dénonce Isabelle Yumba Kalenga Mushimbi.
Ces actes, qualifiés de faits d’une extrême gravité, auraient plongé de nombreuses familles dans le deuil et installé un climat de peur généralisée au sein de la population de Bukama.
Face à ce qu’elle qualifie d’« actes odieux », Isabelle Yumba Kalenga Mushimbi condamne avec la plus grande fermeté les massacres et les arrestations arbitraires perpétrés contre les civils.
« Aucun uniforme, aucun grade, aucune mission ne peut justifier la mort de civils innocents », ajoute-t-elle.
À travers l’association socioculturelle BUNDWE, l’élue du Haut-Lomami interpelle le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et l’exhorte à s’impliquer personnellement afin que toute la lumière soit faite sur ces événements.
« Nous appelons le Chef de l’État à prendre des mesures fortes pour que justice soit rendue aux victimes et que les auteurs de ces crimes répondent de leurs actes », insiste-t-elle.
Dans cette mise au point, Isabelle Yumba exige l’ouverture immédiate d’enquêtes indépendantes et la traduction en justice de tous les responsables, sans distinction de rang ou de fonction.
« L’impunité est un poison pour la cohésion nationale. Tous les auteurs doivent être identifiés, arrêtés et jugés conformément à la loi », renchérit-elle.
Au-delà des poursuites judiciaires, la députée recommande au Gouvernement de la République, en particulier aux ministères de la Défense nationale ainsi que de l’Intérieur et Sécurité, d’assurer une prise en charge urgente, digne et effective des victimes et de leurs familles.
Cette prise en charge devrait notamment inclure :
-l’indemnisation des ayants droit des personnes décédées ;
-l’assistance médicale, psychologique et sociale des blessés et survivants ;
-la mise en place de mesures concrètes pour prévenir la répétition de tels drames et garantir la protection durable des populations civiles.
Pour sa part, l’armée a évoqué l’existence de miliciens Maï-Maï, qui se seraient accrochés aux forces de l’ordre lors des opérations menées dans la zone. Certains suspects ont été interpellés, tandis que des blessés ont été évacués vers des structures sanitaires de l’ex-Katanga, notamment les Cliniques universitaires de Lubumbashi, où ils reçoivent des soins appropriés.
José Mukendi