Le Corps diplomatique, réunissant les ambassadeurs des pays accrédités en République démocratique du Congo, a, lors de la cérémonie d’échange des vœux tenue ce samedi 31 janvier 2026, réaffirmé son soutien à la défense et à l’intégrité territoriale de la RDC. Ces assises, présidées par le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, se sont déroulées au Palais de la Nation en présence de plusieurs personnalités, notamment la Cheffe du gouvernement, les responsables des deux chambres du Parlement, ainsi que d’autres autorités politiques et institutionnelles.
Sans citer ouvertement le Rwanda comme pays agresseur soutenant la rébellion de l’AFC/M23, ces diplomates, par la voix de Rachid Agassim, ambassadeur du Royaume du Maroc en République démocratique du Congo et doyen du corps diplomatique à Kinshasa, se sont limités à condamner l’agression dont la RDC est victime, tout en réaffirmant le soutien de leurs États à toute initiative visant à contribuer au rétablissement de la paix et de la stabilité dans l’Est du pays.
"Permettez-moi, Excellence, de vous remercier pour votre soutien, Excellence, de vous affirmer encore une fois que nous nous opposons à tout acte d'agression et de violence et nous sommes pour le respect de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale totale de la République démocratique du Congo et nous continuons à soutenir toute initiative sincère qui va contribuer à l'instauration de la paix et la stabilité dans l'est du pays. Nous renouvelons notre disposition et notre engagement de travailler avec toutes les institutions étatiques de votre pays pour de meilleurs partenariats de coopération et le renforcement des relations bilatérales entre nos pays respectifs dans tous les domaines. Les progrès notables réalisés à ce jour au niveau socio-économique méritent d'être encouragés et soutenus", a fait savoir Rachid Agassim, ambassadeur du Royaume du Maroc en République démocratique du Congo et doyen du corps diplomatique à Kinshasa.
Ces diplomates ont déploré le fait que, malgré les avancées significatives enregistrées sur le plan diplomatique, l’escalade des violences se poursuit dans la partie Est de la RDC, marquée par des offensives de la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, contre les forces gouvernementales. Ils ont exprimé le vœu de voir ces différents processus produire des effets positifs et concrets sur le terrain.
"Il est fort regrettable de constater qu'au moment où les partenaires pour la paix de la RDC multiplient les appels à la fin des hostilités qui amplifient malheureusement les souffrances des populations civiles innocentes à l'Est du pays, l'on remarque avec consternation la poursuite des attaques, de l'occupation ainsi que des violations des droits de l'homme perpétrées par les différents groupes armés qui malheureusement prolifèrent encore à l'est du pays. Avec, beaucoup d'espoir, la signature de l'accord de paix de Washington en juin 2025 entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, sous médiation américaine a été bien accueilli par la communauté internationale. Nous espérons vivement que cet accord aboutisse pour mettre fin au conflit dans l'est de la RDC qui n'a que trop duré", ont-ils souligné dans leur déclaration.
Malgré l’implication du président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington, matérialisée par l’entérinement des accords par les présidents de la République démocratique du Congo et du Rwanda, Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Kinshasa et Kigali ne parviennent pas toujours à parler le même langage, et les tensions persistent sur fond d’accusations mutuelles de non-respect des engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques en cours, en particulier le processus de Washington sous l’égide de l’administration Trump.
Il en est de même pour les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’Émir du Qatar, entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui peinent à produire des résultats concrets sur le terrain. Ces négociations, censées compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés restent au point mort. Plusieurs mesures convenues, notamment depuis la publication du communiqué conjoint d’avril dernier, la signature du mécanisme de cessez-le-feu, de la déclaration de principes, et plus récemment de l’accord-cadre, n’ont toujours pas été mises en œuvre.
Cette inertie diplomatique a favorisé la reprise de violents affrontements entre l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, et les forces gouvernementales. Par ailleurs, le dialogue national, pourtant réclamé par plusieurs acteurs sociopolitiques pour accompagner ces initiatives, tarde à être convoqué. Le président de la République, Félix Tshisekedi, maintient pour l’instant sa position, estimant que toute initiative de dialogue doit émaner de sa propre autorité, malgré la publication de la feuille de route des confessions religieuses.
Clément MUAMBA