À l’occasion de la fête de la Nativité, le Président Félix Tshisekedi, a adressé un message solennel à la Nation, empreint de compassion, de solidarité et de détermination face aux épreuves que traverse la République démocratique du Congo. Dans ce message prononcé mercredi 24 décembre 2025, il a accordé une place centrale à la situation sécuritaire et humanitaire, marquée par l’activisme des groupes armés locaux et étrangers, de la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda, ainsi que par les déplacements massifs des populations civiles.
En cette nuit symbolique de la Nativité, le Chef de l’État a tenu à exprimer une pensée particulière à l’endroit des populations confrontées à la violence, à l’occupation et à l’incertitude, tout en rendant hommage aux forces engagées sur le front pour la défense de l’intégrité territoriale. Pour Félix Tshisekedi, aucun territoire et aucun citoyen ne doivent être laissés en marge de la cohésion nationale.
"Nos pensées vont avec une attention particulière vers nos populations de l’Est, vers celles et ceux qui vivent dans l’angoisse, la peur et l’incertitude, ainsi que vers nos concitoyens qui endurent les épreuves de l’occupation. Surtout, elles vont vers nos valeureuses FARDC et les Wazalendo tombés pour défendre l’intégrité de notre territoire, à qui je rends hommage. À vous tous, nous voulons dire d’abord ceci : la nation vous porte dans son cœur. Aucun territoire, aucun citoyen ne doit être laissé à l’écart de notre cohésion. Et c’est pour cela que nous avons choisi ce moment pour rappeler que la République n’est pas seulement une question de géographie ; bien plus, c’est le choix de partager une seule et même âme : le Congo", a déclaré le président Félix Tshisekedi.
Pour le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, célébrer Noël dans un contexte de guerre et de souffrance ne signifie nullement ignorer la gravité de la situation que traverse le pays. Il a affirmé que l’unité nationale demeure la plus grande force de la République démocratique du Congo et que la cohésion nationale constitue la meilleure réponse face à l’adversité.
"L’année a été difficile, c’est vrai, mais nous avons tenu bon. Le Congo est resté debout. Noël est une fête de valeurs : la famille, la paix, l’amour du prochain, la dignité humaine, l’espérance. Et ce soir, célébrer Noël ne veut pas dire oublier l’épreuve. C’est au contraire affirmer que l’épreuve ne nous volera pas ce que nous sommes. Célébrer malgré tout, c’est dire au monde, et d’abord à nous-mêmes, que notre peuple est éprouvé mais jamais résigné", a souligné le Chef de l'État Félix Tshisekedi.
Et de poursuivre :
"À l’aube de la nouvelle année, nous adressons un appel simple et essentiel : restons unis, restons solidaires, restons attentifs et sensibles aux plus fragiles. Restons proches de celles et ceux qui souffrent, de nos familles endeuillées, de nos déplacés et de nos compatriotes vivant sous occupation. Notre unité nationale demeure notre plus grande force. Notre cohésion demeure notre meilleure réponse face à l’adversité. Et c’est ensemble, par la responsabilité, la solidarité et le respect de notre communauté de destin, que nous garderons le cap et que nous préparerons des jours meilleurs".
Sur le plan diplomatique, la prise de Goma et de Bukavu au début de l’année 2025 a suscité une mobilisation accrue de la communauté internationale. Deux processus majeurs ont été engagés pour tenter d’endiguer l’escalade : les accords de Washington, signés entre Kinshasa et Kigali sous l’égide des États-Unis, et le processus de Doha, conduit par l’État du Qatar et impliquant le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23.
Si le processus de Washington semble avoir connu une accélération formelle avec l’entérinement des accords par les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, en présence du président américain, les discussions de Doha peinent à enregistrer des avancées concrètes. Ces négociations, censées compléter les accords de Washington en abordant les causes profondes du conflit, notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés, restent à ce stade largement au point mort.
Cette inertie a favorisé la reprise de violents affrontements entre l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, et les forces gouvernementales, entraînant l’occupation de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Cette prise de contrôle a provoqué de vives condamnations internationales, visant principalement Kigali, en tête desquelles celles des États-Unis d’Amérique.
Sous la pression internationale, la rébellion de l’AFC/M23 a annoncé son retrait d’Uvira, affirmant vouloir donner une chance aux processus de paix. Toutefois, quelques jours plus tard, la représentante américaine au Conseil de sécurité des Nations unies a rappelé la nécessité d’un retrait effectif et vérifiable, à une distance d’au moins 75 kilomètres de la ville.
Clément MUAMBA