RDC : après le contentieux de candidatures, place à l’émiettement des forces de l’opposition ?

Fayulu, Sesanga, Matata et Katumbi
Fayulu, Sesanga, Matata et Katumbi

Félix Tshisekedi et Moise Katumbi ont obtenu le feu vert de la Cour constitutionnelle pour participer à l'élection présidentielle prévue le 20 décembre prochain en République démocratique du Congo. La Cour a jugé les requêtes d’annulation de leurs candidatures, introduites par Seth Kikuni et Noel Tshiani, non fondées. La première portait sur un défaut d'identité du président en exercice, tandis que la seconde accusait Moïse Katumbi de détenir une double nationalité.

D'après Germain Kuna, professeur des sciences politiques à l'Université de Kinshasa (UNIKIN), les débats autour de la nationalité et du nom du président actuel sont désormais clos. La question centrale à présent est de savoir comment les forces politiques se positionneront pour l'élection, avec le président Félix Tshisekedi en tant que candidat unique de l'Union sacrée de la nation. Cependant, il prévoit un possible émiettement des forces au sein de l'opposition en l'absence d'un consensus autour d'un candidat commun.

Kuna souligne que l'Union sacrée est déjà en train de gagner en importance, et les moyens financiers jouent un rôle crucial. Parmi ses membres figurent des acteurs dotés d'une capacité financière importante, et bien que la loi interdise l'utilisation des ressources de l'État à des fins de campagne électorale, la pratique diffère. De l'autre côté, si les dirigeants de l'opposition choisissent de se présenter de manière dispersée, cela pourrait entraîner un éclatement des forces du côté de l'opposition et un regroupement du côté de la majorité, explique-t-il dans une interview accordée à ACTUALITE.CD.

Germain Kuna souligne que bien que les décisions de la cour constitutionnelle soient inattaquables, elles ne constituent qu'une partie de l'équation pour garantir un processus électoral inclusif, crédible et apaisé.

Il souligne que la crédibilité du processus électoral dépend également du déroulement d'une campagne paisible, du respect des conditions de vote, du travail conforme aux normes de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), de l'accès des témoins des partis politiques aux procès-verbaux, du bon fonctionnement des centres de compilation, et de la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote. Ces facteurs revêtent une grande importance pour quiconque souhaite discuter de la crédibilité du processus électoral, précise-t-il.

Le politologue appelle également toutes les parties prenantes à faire preuve de retenue, à éviter tout désordre et contestation violente, et à recourir aux dispositions légales et réglementaires en cas de contentieux électoraux.

À la suite du contentieux des candidatures, la Cour constitutionnelle et l'appareil judiciaire dans son ensemble sont maintenant attendus pour régler les éventuels contentieux relatifs aux résultats électoraux.

" Ils doivent appliquer la loi conformément aux dispositions régissant l'organisation des élections en RDC, en rendant des jugements en temps voulu et en toute honnêteté", conclut Germain Kuna.

Germain Kuna est au téléphone de Bruno Nsaka