Serge Kadima Lwabeya, cadre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) s'est exprimé sur la déchéance de Jean-Marie Kalumba Yuma à la tête du ministère de l'économie nationale. Il a indiqué quoique formellement revêtue d’un caractère prétendument démocratique, la décapitation du Ministre Jean-Marie Kalumba résonne plutôt comme le signal fort d’un malaise profond (sans éluder le cas de la démission de Kabund) non maitrisé au sein de la majorité de fait dénommée Union Sacrée qui met en péril le Gouvernement Sama Lukonde.
Aussi, il a affirmé cette déchéance atteste réellement le retrait pur et simple de confiance au gouvernement piloté par l'actuel premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge.
"Il serait aujourd’hui impossible de nier l’échec desdits warriors et de la vision de l'union sacrée quand c’est leur majorité qui démontre elle-même les évidences de cet échec et parvient à sanctionner par un vote de défiance la seule initiative ( Importation des Chinchards) qui était présentée comme salvatrice pour le sociale des congolais. Politiquement, il revient au Premier Ministre de prendre la réelle mesure de la déchéance du Ministre Kalumba en ce sens que c’est son action ou plutôt son inaction à la tête du Gouvernement qui est remise en question" a fait savoir Serge Kadima dans un message rendu public ce lundi 4 avril 2022.
Et d'ajouter :
"Comment comprendre que la majorité disposant de plusieurs outils pour contraindre un de ses Ministre à la démission lorsqu’elle l’estime nécessaire ait levée de passer par une sanction parlementaire? Il est des plus évident que cette inélégance politique assumée consiste de facto en un retrait pur et simple de la confiance à l’ensemble du Gouvernement Sama, émanation de cette majorité de fait. L'unicité de l'action gouvernementale est un principe-clé en politique".
La pénurie de carburant qui frappe le Pays et qui a fait l’objet de l’un des griefs retenus contre le Ministre de l’Économie, a-t-il indiqué, est une autre illustration de l’échec de l’exécutif dans son ensemble. À l'en croire, la politique des prix à la pompe est placée sous l’encadrement direct du Premier Ministre avec une implication ouverte de la Présidence de la République.
"Dans sa défense au parlement, le Ministre de l’Économie a lui-même révélé à l’opinion que les prix à la pompe sont largement inférieurs à leur niveau réel et que le litre aujourd’hui vendu à 2095 franc congolais revient en réalité à 3500 franc congolais. Raisonnablement, on peut affirmer qu’en vertu de l’étroitesse du budget de l’État malgré les performances fantômes vantées, il sera impossible au Gouvernement de subventionner près de 1500 franc par litre à la pompe. Par conséquent, on devrait s’attendre soit à une hausse vertigineuse des prix à la pompe, soit à une aggravation des pénuries parce que les sociétés pétrolières ne peuvent pas renouveler leurs stocks en vendant leurs produits à perte ? C’est toute de l’économie nationale qui est déjà impactée d’une marinière ou d’une autre", a déploré ce cadre de l'OCC
En somme, a-t-il affirmé, la plus grande déception de la population réside dans le fait que ce qui se passe dans le secteur de l'économie est presque la même situation dans tous les secteurs de la vie nationale.
Au terme d'un vote organisé à l’Assemblée nationale lors de l’examen de la motion de défiance initiée contre le ministre et auquel ont pris part 368 députés nationaux, 277 ont voté pour, 79 ont voté contre et les 12 autres se sont abstenus. Le député Crispin Mbindule était l’initiateur de la motion.
Jean-Marie Kalumba Yuma est reproché d'être incompétent notamment sur sa gestion du dossier en rapport avec les chinchards commandés par le gouvernement pour les festivités de fin d'année 2021-2022. Bien plus, il est pointé du doigt au regard de la hausse de prix des biens de première nécessité constatée dans les différents marchés à travers l’ensemble du territoire national.
Clément Muamba