Pollution des eaux en RDC: le cri du coeur des femmes de Tshikapa

Pollution des eaux au Kasaï
Pollution des eaux au Kasaï

Le 09 aout dernier, le député national Guy Mafuta Kabongo a saisi la vice première ministre et ministre de l'environnement, Eve Bazaiba à propos de la pollution des eaux des rivières Tshikapa et Kasai dans la province du Kasaï. A ce jour, la nature des substances toxiques  présente dans l'eau reste inconnue. De son côté, la population qui dépend essentiellement de ces rivières exhorte les autorités à trouver rapidement une solution.

"Nous utilisons cette eau pour faire la vaisselle, la lessive, cuisiner et prendre notre bain. Récemment nous avons pu observer que l'eau a changé de couleur. Elle est devenue rouge. Depuis un certain temps, quand on se lave, la peau nous démange et les femmes observent des démangeaisons au niveau de leur appareil génital" explique Adèle Mbula, une ménagère qui habite à Tshikapa.

Depuis que l'incident a été révélé, la ministre  ainsi que ses collègues ministre du développement et des affaires humanitaires se sont rendus sur le terrain pour constater et évaluer la situation. Arrivés à Tshikapa le 31 aout, les ministres François Rubota du développement rural, Modeste Mutinga des affaires humanitaires et solidarité nationale ainsi que Adrien Bokele de pêche et élevage ont fait savoir que le but de leur mission est de trouver une solution pour les populations riveraines.

Des sources proches de la délégation gouvernementale ont révélé à ACTUALITE.CD que les trois ministres sont porteurs d'une cargaison des médicaments et d'autres intrants de première nécessité.

En attendant des solutions concrètes, sur place, la vie poursuit son cours bien que la plupart des ménages et leurs activités génératrices de revenus soient complètement impactés par cette pollution. Gina Mujinga vend du poisson. Elle déplore le fait que ses clients ont déserté son étale depuis que les autorités ont pris la décision d'interdire la pêche et la consommation de poisson.

"J'achète mes poissons à Kamiyembi en amont de la rivière Kasaï qui n'est pas polluée. Depuis que les autorités ont pris la décision d'interdire la pêche, mes clients ne viennent plus s'approvisionner en poisson," confie la vendeuse qui poursuit "pourtant grâce à la vente du poisson, je paie mon loyer, je paie les frais scolaires de mes enfants. Je surviens seule aux besoins de ma famille, mon mari est creuseur, il est allé chercher du diamant en Angola."

Bien que la pêche soit interdite, Gina Mujinga explique avoir consommé ces poissons et n'avoir rien ressenti. Pour elle, maintenir l'interdiction de la pêche, c'est condamner à mort les populations.

Adèle Mbula, Gina Mujinga et plusieurs personnes dépendent  directement de ces rivières et insiste pour qu'une solution soit rapidement trouvé.

Il est également à noter que des cadavres d'hippopotames et de poissons ont été retrouvés, selon les témoignages fournis par les élus de la région lors de la visite de la ministre de l'Environnement.  

Pour en savoir plus écouter ce témoignage d'Adèle

 

 

Sosthène Kambidi & Nabintu Kujirajwinja