RDC-Ituri : rentrée des classes sur fond d’inquiétude à Djugu
Une école protestante à Mungbalu, Djugu/Ph ACTUIALITE.CD

Les cours ont également repris lundi 10 août au sein des écoles du territoire de Djugu, l’actuel épicentre des violences dans la province de l’Ituri, dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC). Mais les apprenants appellent les autorités à renforcer les dispositifs de sécurité pour leur permettre d’étudier dans la quiétude. 

A Mugbalu (85 Km au Nord de Bunia), comme dans certaines grandes agglomérations de l’instable territoire de Djugu, la rentrée des classes a été effective lundi. Mais au premier jour, le climat n’était pas habituel ici à l’Institut technique de Mugbalu : nombreux élèves n’ont pas retrouvé leurs collègues qui se sont déplacés, fuyant l’insécurité, et d’autres qui sont restés craignent toujours pour leur sécurité.  Justine Magosi est dans l’angoisse et appelle les autorités à sécuriser son école pour éviter une éventuelle attaque des miliciens qui pourrait perturber à nouveau les cours. 

«Je n'ai pas retrouvé ma condisciple Nicole. On me dit qu'elle est déjà à Bunia. Elle est partie là-bas sous l'ordre de ses parents craignant pour sa sécurité. Tout ça c’est à cause des miliciens. Aucune joie malgré cette reprise des cours en tout cas. Dernièrement, nous étions saisis que ces miliciens étaient déjà aux environs de Mugbalu. Qu'ils ne puissent pas un jour venir nous surprendre dans la salle de classe. C'est pourquoi nous devons être sécurisés. C'est aussi ça le rôle de nos autorités sécuritaires. Nous demandons au gouvernement de prendre des dispositions utiles pour éradiquer ces miliciens de CODECO», plaide au micro d’ACTUALITE.CD, Justine Magosi, sur fond de tristesse. 

CODECO (Coopérative pour le développement du Congo) est cette milice qui met à coup réglé le territoire Djugu depuis décembre 2017. Ses miliciens tuent des civils, pillent leurs biens et incendies des villages. Situation qui poussent nombreux habitants, y compris des écoliers et élèves, à se déplacer et trouver refuge dans des centres estimés sécurisés, à l’instar de Bunia, chef-lieu de l’Ituri. A Mugbalu, des élèves espèrent que l’armée congolaise pourra mettre fin aux atrocités de cette nébuleuse CODECO pour sauver l’éducation qui est en ruine à Djugu.

«Les miliciens de CODECO nous ont presque rendus inactifs sur le plan éducatif. Nous sommes déterminés à suivre les cours malgré leurs attaques contre nos papas, mamans, frères et sœurs. Quand nous voyons nos collègues en train de se déplacer à cause de l'insécurité ça nous fait du mal. Nous nous remettons à notre armée, rien que ça. Nous avons confiance en l’armée et nous sommes sûrs qu'elle va nous protéger pendant cette période», espère Njalengo Baraka, élève à l'institut technique Mugbalu.

La présence militaire rassure

L’armée congolaise est présente à Mugbalu, et c’est cette présence qui rassure James, cet écolier de sixième à l’école primaire Kilo Moto 2 à rejoindre sa salle de classe. 

«Je viens à l'école, mais j'ai peur de ces miliciens-là. Je suis seulement confiant parce que mon école est située en plein centre. Si non, j'allais rompre tout simplement. Aussi, quand je vois l’armée, je me sens soulagé tant soit peu», nous confie-t-il.

Claudel qui a dû passer par trois écoles depuis le début de cette année scolaire, fuyant l’insécurité, croit cette fois finir à Mugbalu. «Suis passé par trois écoles depuis le début de cette année. Par moment,  j'ai décidé d'abandonner les études. Mes parents m'ont toujours encouragé.  Je ne peux pas être instable jusqu'à ce niveau quand-même. J'ai commencé à Rule, Penyi, jusqu'à me retrouver ici (à Mugbalu) chez mes oncles. Même ici, je me sens toujours en insécurité. Le gouvernement peut nous aider banduku (Ndlr: mes chers). Je suis confiant que j'aurai mon diplôme d'état cette année», espère Jerry Claudel, finaliste à l'Institut Goli.

Des parents pauvres, face au défi des frais scolaires

Mais en cette rentrée des classes à Djugu, le défi, pour nombreux apprenants du secondaire et ceux des écoles privées, demeure la prise en charge de leurs frais de scolarité. Leurs parents sont pauvres, ils ont tout perdu, leurs petites économies se sont ruinées suite à la guerre. 

«Aujourd'hui nous venons ici (à l’école), mais nous ne serons pas capable de nous payer les frais scolaires. Mes parents sont dépourvus des moyens. On ne vivait que des champs et aujourd'hui tous ces villages sont quasiment sous occupation des miliciens. Je me concentre aux études, espérant  que l’armée parviendra à libérer nos champs des mains de miliciens», indique ce finaliste à l’Institut Goli de Mugbalu.

Si la rentrée des classes a été effective dans des grands centres, il n’en est pas le cas dans des villages perdus à l’intérieur, surtout dans le secteur de Banyali Kilo. Et pour cause, la reprise des violences des miliciens CODECO.

Franck Asanté, à Mugbalu

 

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