Mardi 31 décembre 2019 - 13:14

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Le diagnostic de l’ACAJ: « il appert clairement que la coalition CACH-FCC se décline en réalité comme une instance de repositionnement opportuniste »
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Aujourd'hui, ACTUALITE.CD vous propose ce message de l'Association Congolaise pour l'Accès la Justice (ACAJ).

Kinshasa, le 30 décembre 2019 : Le 30 décembre 2018, face à la détermination citoyenne d’aller jusqu’au bout, pour en finir avec une gouvernance ayant privé la République Démocratique du Congo d’un projet de développement à sa portée, et après moult soubresauts, parfois meurtriers, le régime KABILA avait finalement été contraint d’organiser des élections présidentielles, législatives et provinciales.

Dans ce cadre, les congolais se sont massivement mobilisés pour accomplir leur devoir civique en allant voter aux fins de doter le pays d’institutions politiques légitimes et porteuses d’espoirs, en remplacement de celles décriées en raison du primat de la mauvaise gouvernance, malheureusement érigée comme mode de gouvernement par les différents régimes politiques successifs secrétés par l’AFDL, ancêtre du PPRD et ses multiples ramifications rassemblées dans le regroupement Front Commun pour le Changement (FCC).

Au sortir desdits scrutins, la cartographie politico-institutionnelle se dégageant des résultats publiés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), contraste étonnamment avec le désir de changement qualitatif voulu et attendu par la majorité de congolais. En effet, il ressort des résultats atypiques publiés par la centrale électorale nationale, et confirmés par la Cour Constitutionnelle, que le Président de la République élu est l’émanation de l’opposition politique « Cap pour le changement » (CACH), tandis que tous les leviers du pouvoir législatif aux plans national et provincial reviennent aux forces politiques rassemblées sous la bannière FCC.

Tirant les leçons de ce contexte sui generis, le Président de la République élu et le Président de la République sortant, têtes de pont des majorités sus évoquées, ont décidé d’agréger leurs regroupements politiques (CACH et FCC) afin de constituer une coalition gouvernementale pour « offrir aux congolais des raisons de croire en un saut qualitatif à travers un programme de gestion commun devant être implémenté par une équipe gouvernementale issue de la coalition ainsi décidée ».  

Louable en soi, cette initiative s’apparente sur terrain à un nœud gordien qui asphyxie dangereusement l’accomplissement des missions essentielles de l’Etat. En effet, au lieu d’être le creuset où se conçoivent et se décident des politiques publiques en faveur des citoyens, il appert clairement que la coalition CACH-FCC se décline en réalité comme une instance de repositionnement opportuniste mise en place pour assouvir et préserver les intérêts égoïstes de différentes parties prenantes.

Au-delà du clientélisme politique exacerbé et autres dysfonctionnements institutionnels observés, l’ACAJ est vivement préoccupée par la persistance de la corruption qui bloque l’amélioration des conditions de vie du plus grand nombre.

C’est pourquoi à l’orée de l’an 1 de la gouvernance CACH-FCC, l’ACAJ en appelle à une mobilisation citoyenne pour combattre la corruption qui progresse et se développe ostensiblement en RDC. La corruption n’a ni couleur, ni origine ethnique ou provinciale. C’est un cancer social et économique qui impose des sanctions exemplaires à l’égard de tous ceux qui s’en seraient rendus auteurs.

En effet, conformément aux principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde. Par ailleurs l'idéal de l'être humain libre, libéré de la crainte et de la misère, ne peut être réalisé que si des conditions permettant à chacun de jouir de ses droits économiques, sociaux et culturels, aussi bien que de ses droits civils et politiques, sont créées.

Considérant que la Charte des Nations Unies impose aux Etats l'obligation de promouvoir le respect universel et effectif des droits et des libertés de l'homme, la lutte contre la corruption et la fraude devrait constituer un combat à mener sur plusieurs fronts de manière à réduire les incitations à cet égard et les gains à en retirer, et, dans le même temps, accroître les risques qui y sont associés.

Pour prévenir et atténuer l'incidence négative de la corruption sur le progrès économique, la stabilité politique et la cohésion sociale de la République Démocratique du Congo, l’ACAJ engage le Gouvernement de la République à adopter et mettre en œuvre une stratégie pertinente anti-corruption, ce en synergie avec les composantes attitrées dont la société civile.

La corruption constitue le principal symptôme du dysfonctionnement de la gouvernance, caractérisé par des défaillances des institutions pour faire appliquer des règles de transparence, promouvoir des normes efficaces qui condamnent la vénalité et instituent des sanctions et des mécanismes d'exécution de celles-ci dans l’intérêt de la transparence et de la responsabilisation.

L’ACAJ encourage les Cours et Tribunaux et leurs offices à conduire avec indépendance, perspicacité et impartialité les enquêtes judiciaires actuellement en cours sur les détournements et blanchiment des capitaux portant sur les 15 millions USD et 200 Millions d’euros, et celles à venir.

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