Un policier lors d'une manifestation anti-pouvoir à Goma

Les troubles dans l’enceinte de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), qui ont occasionné la mort de deux étudiants, ne laissent pas indifférente la classe politique congolaise. Certains politiques ont choisi le twitter pour dénoncer l’usage des armes létales par la police contre les étudiants qui réclamaient la fin de la grève des professeurs.

Tous attribuent la faute au ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, Steve Mbikayi, et déplorent l’emploi de la force de manière disproportionnée par la police.

« Je condamne le meurtre de deux étudiants de l'UNIKIN par des éléments mieux identifiés de la police. Je désapprouve l'usage des armes létales lors des manifestations. Et j’exprime ma sympathie aux camarades des disparus et à leurs familles. Le ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire et le Chef de la Police Nationale Congolaise de Kinshasa portent la responsabilité », s’alarme l’opposant Claudel Lubaya dans un tweet ce vendredi 16 novembre 2018.

Martin Fayulu remet en cause l’appareil sécuritaire : « Mes pensées vont aux familles des victimes du drame survenu à l’UNIKIN. Celui-ci relève d'un usage excessif et disproportionné de la force et expose, une fois de plus, les carences de l’appareil sécuritaire en RDC. Je tiens à rappeler aux forces de l’ordre leur mission régalienne », dénonce le candidat commun de l’opposition.

En plus de dénoncer l’usage des balles réelles par la police, le candidat président à la prochaine présidentielle, Daniel Shekomba, critique également la façon dont le gouvernement gère les établissements d’enseignement.  

« Je m'insurge contre l'usage des balles réelles sur les sites universitaires. Je reste solidaire avec la lutte estudiantine contre le système de partenariat parents-professeurs. Une preuve de plus de l'irrationalité de la gestion de la chose publique en RDC », déclare-t-il sur Twitter.

Même réaction de la secrétaire générale du Mouvement pour la Libération du Congo (MLC), Eve Bazaiba. Celle-ci appelle, en outre, à ce que «les responsables» soient poursuivis.

« Un lâche assassinat qui s'ajoute aux souffrances des étudiants congolais soumis à un système éducatif défaillant du régime actuel. Que les responsables puissent en répondre », réagit-elle sur son compte Twitter.

Le président du parti Ensemble Changeons le Congo (ECCO), Adam Bombole, parle « des crimes » qui, d’après lui, ne doivent pas rester impunis.

« Je m’associe aux familles éprouvées et à la communauté estudiantine pour dénoncer ces crimes, qui ne doivent pas demeurer impunis. Les responsabilités doivent être clairement établies et la notion de la responsabilité hiérarchique prise en considération. Sincères condoléances », déclare-t-il sur son compte twitter.

Au lendemain de la mort de deux étudiants, la tension ne retombe pas à l’UNIKIN. Quelques grognes ont été signalées ce vendredi matin autour de l’Université où les éléments de la police sont déployés.

« Tout en partageant la peine des familles éprouvées, je condamne fermement le recours à la force dans les milieux universitaires. Il est temps que cela s’arrête. Toucher à l’université, c’est toucher à l’avenir du pays », a pour sa part affirmé le député Patrick Muyaya.

Au total, deux étudiants de l'UNIKIN ont été tués par la police en l'espace de quatre jours suite à la répression brutale des manifestations.

L'Association congolaise pour l'accès à la justice (ACAJ), qui condamne ces pertes en vies humaines, exige au gouvernement des enquêtes crédibles et de retirer les policiers déployés sur le site de l'UNIKIN.

Will Cleas Nlemvo

 

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