Walikale : le rôle de la femme dans la recherche de la paix au cœur d'une séance préparative de la Journée Internationale des Droits des Femmes

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Femme/Ph. droits tiers

À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes (JIF), célébrée chaque 8 mars à travers le monde, les femmes de Walikale au Nord-Kivu ont placé la question de la paix au centre de leurs réflexions. Réunies ce mardi 03 mars 2026 à Walikale centre, elles ont pris part à une séance d’échanges organisée par la Coordination Locale des Associations Féminines pour le Développement (CLAFED).

Cette rencontre a rassemblé des représentantes de différentes organisations féminines opérationnelles dans le territoire de Walikale, avec pour objectif d’analyser le rôle des femmes dans la consolidation de la paix, dans un contexte sécuritaire encore marqué par des tensions récurrentes au Nord-Kivu.

Les objectifs de la séance

Prenant la parole, la coordinatrice de la CLAFED, Katia Katina Justine, a expliqué que cette activité s’inscrit dans le cadre des préparatifs de la JIF et vise à renforcer la participation active des femmes dans les dynamiques locales de paix.

Selon elle, cette séance avait pour objectifs principaux de sensibiliser les femmes sur leur rôle stratégique dans la prévention et la résolution des conflits ; encourager leur implication dans les mécanismes communautaires de médiation ; promouvoir la solidarité féminine face aux défis sécuritaires et sociaux et préparer un message commun des femmes de Walikale à l’occasion du 8 mars.

Elle a souligné que la paix durable ne peut être atteinte sans l’implication effective des femmes, actrices clés au sein des familles et des communautés.

Le rôle de la femme dans la recherche de la paix

Dans son intervention, Katia Katina Justine a insisté sur le rôle multidimensionnel de la femme dans la société. Selon elle, la femme est à la fois éducatrice, médiatrice et pilier du tissu social.

"La femme est la première éducatrice à la maison. Elle inculque les valeurs de tolérance, de respect et de coexistence pacifique aux enfants. À travers son influence dans la famille, elle contribue à prévenir les conflits dès la base," a-t-elle indiqué.

Elle a également relevé que les femmes peuvent jouer un rôle central dans la médiation communautaire, notamment en facilitant le dialogue entre parties en conflit et en promouvant des solutions pacifiques adaptées aux réalités locales.

Engagement des femmes pour la paix

Au cours des échanges, les participantes ont réaffirmé leur engagement à œuvrer pour la paix dans leurs milieux respectifs. Elles ont exprimé leur volonté de participer activement aux cadres de concertation communautaires ; sensibiliser les jeunes à la non-violence ; dénoncer toute forme de violence basée sur le genre et promouvoir l’unité et la cohésion sociale dans les villages et quartiers.

Pour plusieurs intervenantes, la célébration de la JIF ne doit pas se limiter à des manifestations festives, mais constituer un moment de réflexion profonde sur les responsabilités des femmes dans la transformation sociale.

Des défis majeurs à relever

Malgré leur détermination, les participantes ont identifié plusieurs défis entravant la pleine participation des femmes dans la recherche de la paix. Parmi les obstacles évoqués figurent l’insécurité persistante dans certaines zones du territoire ; le manque de moyens financiers et logistiques ; la faible représentation des femmes dans les instances décisionnelles locales et les pesanteurs socioculturelles limitant leur prise de parole.

Face à ces défis, elles ont appelé au soutien des autorités locales, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations de la société civile afin de renforcer les capacités des femmes et de favoriser leur inclusion dans les processus de paix.

Vers une JIF placée sous le signe de la paix

À l’issue de la rencontre, un consensus s’est dégagé autour de la nécessité de faire de la Journée Internationale des Droits des Femmes 2026 un moment fort de plaidoyer en faveur de la paix et du leadership féminin à Walikale.

À travers cette initiative, la CLAFED et les organisations féminines locales entendent rappeler que la paix durable passe inévitablement par la reconnaissance et la valorisation du rôle central des femmes dans la reconstruction du tissu social, particulièrement dans un territoire confronté à des défis sécuritaires récurrents.

La mobilisation observée lors de cette séance témoigne d’une volonté claire : faire de la femme non seulement une victime des conflits, mais surtout une actrice incontournable de la paix et du développement à Walikale.