Caricature : contrôle des médias et système fiscal de facto dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23 

Caricature Kash/ACTUALITE.CD
Caricature Kash/ACTUALITE.CD

L'AFC/M23 a instauré une administration fiscale de fait dans les territoires sous son contrôle, obligeant les médias locaux et les correspondants à s'acquitter de taxes pour continuer d'émettre. Selon le rapport de l'organisation Journaliste en Danger (JED) publié en novembre 2025, intitulé « Est de la RDC : Des crimes de guerre commis contre la presse », les stations de radio dans les zones de Rutshuru et du Masisi sont systématiquement sommées de payer des "redevances de fonctionnement" aux autorités rebelles. Cette pression financière s'accompagne d'une obligation de diffuser des communiqués du mouvement.

Pour les journalistes étrangers, l'accès aux zones occupées est devenu une opération de communication verrouillée où l'indépendance est quasi impossible. Human Rights Watch (HRW) a souligné dans son communiqué de mars 2025 que le M23 cible spécifiquement les journalistes et activistes, n'autorisant les "press tours" que sous une escorte stricte de leurs services de communication. Bien que le mouvement ne communique pas officiellement sur des tarifs, les enquêtes indiquent que l'obtention des "permis de circuler" et la logistique imposée constituent une forme de paiement indirect, filtrant ainsi les médias capables ou désireux de couvrir leur actualité.

Le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) a documenté, au début de l'année 2026, des cas où des journalistes ont été contraints à l'exil ou menacés de mort pour avoir refusé de modifier leur ligne éditoriale. Le rapport précise que toute mention favorable au gouvernement de Kinshasa ou aux milices "Wazalendo" est considérée comme un acte d'hostilité, entraînant des arrestations immédiates et la fermeture des studios, comme cela a été observé lors de l'expansion du conflit vers le Sud-Kivu.

Le Groupe d'experts de l'ONU sur la RDC a noté dans son rapport de décembre 2025 que cette gestion de la presse s'inscrit dans une stratégie globale d'autonomisation des zones occupées et qu’en imposant des taxes aux entreprises et aux médias, l'AFC/M23 cherche à légitimer sa gouvernance tout en coupant les populations de toute source d'information non contrôlée.