Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) a officiellement demandé au Département américain de la Santé et des Services sociaux (HHS) de lever la suspension temporaire d'entrée aux États-Unis imposée aux voyageurs en provenance de l'Ouganda, estimant que la situation épidémiologique du pays ne justifie plus le maintien de cette mesure.
Dans une correspondance adressée au secrétaire américain à la Santé, Robert F. Kennedy Jr, le CDC Afrique souligne que l'Ouganda est désormais engagé dans le compte à rebours de 42 jours précédant la déclaration officielle de la fin de l'épidémie d'Ebola. Depuis le 21 juin 2026, aucun nouveau cas confirmé n'a été enregistré et le dernier patient a quitté l'hôpital après avoir obtenu deux tests négatifs successifs.
Selon le CDC Afrique, les 836 contacts recensés ont achevé leur période de suivi et aucun patient n'est actuellement pris en charge pour Ebola dans le pays.
« L'Ouganda a démontré qu'il disposait d'un système de surveillance et de riposte capable de détecter rapidement les cas, de les isoler et d'interrompre les chaînes de transmission. Les progrès réalisés justifient aujourd'hui une réévaluation des mesures de restriction appliquées à ce pays », indique le docteur Jean Kaseya, Directeur général de CDC Afrique.
L'institution met également en avant le renforcement des capacités nationales, notamment la surveillance active dans 36 districts à haut risque, le contrôle sanitaire dans 38 points d'entrée et le dépistage de plus de 5 400 voyageurs, ainsi que le maintien des capacités de laboratoire, de prévention des infections et de communication sur les risques.
Le CDC Afrique rappelle par ailleurs que l'Ouganda et la République démocratique du Congo ont renforcé leur coopération transfrontalière afin de prévenir toute propagation régionale de la maladie. Les deux pays coordonnent notamment la surveillance aux frontières, la recherche des contacts, les enquêtes épidémiologiques, le déploiement de laboratoires mobiles ainsi que la communication auprès des communautés frontalières.
« Nous reconnaissons que la circulation du virus dans certaines zones de la République démocratique du Congo représente un risque résiduel. Toutefois, ce risque est aujourd'hui maîtrisé grâce aux capacités démontrées de l'Ouganda à détecter et contenir rapidement toute éventuelle importation de cas » souligne le CDC Afrique.
Dans sa demande, l'organisation continentale estime que les politiques américaines devraient désormais être adaptées à la situation spécifique de chaque pays plutôt que d'appliquer des restrictions généralisées. Elle note que les avis sanitaires aux voyageurs des autorités américaines distinguent déjà différents niveaux de risque selon les zones géographiques concernées par Ebola.
Le CDC Afrique demande ainsi au gouvernement américain de retirer l'Ouganda de la liste des pays soumis à la suspension d'entrée, de remplacer cette mesure par des dispositifs de santé publique ciblés — tels que le dépistage des voyageurs, les déclarations sanitaires et la surveillance des expositions — et d'organiser rapidement une réunion technique entre les experts américains, le ministère ougandais de la Santé et le CDC Afrique.
« Les pays qui détectent rapidement les épidémies, partagent leurs données avec transparence et mettent en œuvre des mesures de contrôle efficaces doivent être encouragés plutôt que pénalisés. Une décision fondée sur les données scientifiques renforcerait à la fois la sécurité sanitaire mondiale et la coopération entre les États-Unis et l'Afrique » souligne le CDC Afrique.
Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies ( CDC Afrique ), l'agence de santé publique de l' Union africaine qui soutient les initiatives de santé publique des États membres et renforce les capacités de leurs institutions sanitaires face aux menaces sanitaires, se dit prêt à transmettre aux autorités américaines les données épidémiologiques les plus récentes et à faciliter toute évaluation technique complémentaire afin d'appuyer une décision rapide
Deux mois après le début de l’épidémie, l’évolution de la situation varie selon les pays touchés. Alors que l’Ouganda, qui a réussi à maîtriser la flambée sur son territoire, a entamé son compte à rebours vers la déclaration officielle de la fin de l’épidémie malgré les risques de contamination, la République Démocratique du Congo reste confrontée à d’importants défis.
En RDC, la riposte, malgré l’expérience acquise lors des seize précédentes épidémies, est notamment perturbée par des mouvements de grève des prestataires et professionnels de santé réclamant une meilleure prise en charge de leurs revendications. À ces difficultés s’ajoutent des contraintes sécuritaires persistantes dans plusieurs zones affectées, compliquant le déploiement des équipes de réponse, alors que l’épidémie continue de progresser
Clément MUAMBA