Intervenant lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, José Makila, opposant de la plateforme "Sauvons la RDC" proche de Joseph Kabila, a adressé six questions au pasteur Eric Nsenga, mettant en cause l'impartialité de la médiation conduite conjointement par la CENCO et l'ECC dans le processus de dialogue national.
Le premier axe de son interpellation porte sur les propos publics du cardinal Fridolin Ambongo désignant le Rwanda comme "l'unique agresseur" de la RDC. Pour José Makila, cette prise de position suggère que la CENCO et l'ECC auraient épousé le narratif du gouvernement de Félix Tshisekedi, une lecture qui, selon lui, rendrait difficile toute revendication d'une posture véritablement médiatrice, dès lors que l'une des parties au conflit se retrouverait déjà validée dans son analyse.
L'opposant a également questionné la compatibilité entre un discours désignant un "coupable" avant même l'ouverture des discussions et l'objectif affiché de réconciliation, y voyant un risque d'attiser les tensions plutôt que de les apaiser, d'autant que la démarche des confessions religieuses s'inscrit, rappelle-t-il, dans un cadre élargi ayant impliqué des chefs d'État de la sous-région et des Grands Lacs.
José Makila a par ailleurs interrogé la nature même du dialogue porté par les Églises, demandant s'il s'agissait d'une initiative réellement indépendante du pouvoir ou d'un simple prolongement des positions présidentielles, et en quoi ce format se distinguerait du dialogue que le chef de l'État "cherche à imposer depuis plusieurs mois", s'agit-il, a-t-il demandé, d'un "dialogue de vérité entre toutes les parties" ou d'un dispositif destiné à "conforter les positions du régime" ?
Il a conclu son intervention en interrogeant la capacité de la médiation ecclésiale à convaincre les acteurs ne partageant pas le narratif gouvernemental de rejoindre un processus dont l'arbitrage, selon lui, semblerait déjà "acquis" avant même l'ouverture des pourparlers.