Conformément aux recommandations issues de la réunion stratégique de revue de la riposte de la 17ème épidémie de la maladie à virus Ebola qu’il a présidée en date du 9 juillet dernier à Bunia (Ituri), le ministre de la santé publique Roger Kamba, a signé vendredi 17 dernier un arrêté modifiant et complétant celui portant entérinement de certaines mesures de santé publique découlant du plan de préparation et réponse à cette maladie en RDC.
A travers cette décision, le gouvernement décide ainsi d’imposer 21 jours des mesures de surveillance sanitaire proportionnées au niveau du risque d’exposition établi, à tout le personnel de santé ayant participé aux activités liées à la riposte contre la maladie à virus Ebola, ou toute autre personne à compter de la date de son départ de la zone ou province affectée. Cette instruction tient aux standards de l’Organisation Mondiale de la Santé et du règlement sanitaire international (2005) amendé, « afin de concilier la protection de la santé publique avec le maintien des capacités opérationnelles de la riposte », soutient l’article premier de cet arrêté ministériel.
Les personnes concernées par cette nouvelle mesure sont classées dans trois catégories, à savoir :
1.Risque élevé d’exposition : elle regroupe les personnes présentant une exposition non protégée ou à haut risque, d’après les protocoles nationaux de riposte. A elles, il est imposé à un isolement renforcé pendant vingt et un (21) jours dans une structure appropriée ou, lorsque les conditions le permettent, à domicile sous surveillance active quotidienne, l'interdiction de tout déplacement national ou international, sauf évacuation sanitaire ou dérogation expresse accordée par le Ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale ou son délégué conformément aux procédures en vigueur.
2.Faible risque d’exposition : cette catégorie concerne les personnes qui étaient au contact de patients ou d’échantillons biologiques dans le strict respect des mesures de prévention et de contrôle des infections, sans incidents d’exposition. Elles sont, pour leur part, soumises à une surveillance sanitaire active quotidienne durant vingt et un (21) jours, aux restrictions temporaires prévues par les protocoles nationaux de riposte, aux conditions particulières de déplacement national ou international fixées après évaluation individuelle du risque et sous réserve de la mise en œuvre de modalités appropriées de suivi sanitaire au lieu de destination.
3.Risque minimal d’exposition pour les personnes n’ayant pas présenté aucune exposition documentée ou ne répondant pas aux critères des catégories A ou B. elles sont soumises à une auto surveillance quotidienne pendant vingt et un (21) jours, l'obligation de signaler immédiatement tout symptôme compatible avec la Maladie à Virus Ebola aux autorités sanitaires compétentes, aucune restriction systématique de déplacement, sous réserve qu'aucun risque particulier n'ait été identifié lors de l'évaluation individuelle réalisée par les autorités sanitaires compétentes.
L’arrêté souligne, par ailleurs, que les modalités de classification, de surveillance sanitaire, de contrôle, de dérogation ainsi que les procédures de suivi sont en effet fixées par les procédures opérationnelles standards approuvées par l’autorité sanitaire nationale.
La 17e épidémie d’Ebola est en cours dans l’est du pays depuis mai dernier. Plus de 900 personnes sont déjà décédées de cette maladie. L’épicentre reste la province de l’Ituri.
Samyr LUKOMBO