Ituri: les activités ont repris à Nyankunde, deux des quatre malades évadés du centre de traitement d’Ebola toujours introuvables

Centre médical évangélique de Nyankunde
Centre médical évangélique de Nyankunde

Les activités ont repris vendredi à Nyankunde, localité située à près de 45 km au sud de Bunia, dans le territoire d’Irumu, au lendemain des incidents d’assassinat d’un chef milicien et d’altercations ayant conduit à l’évasion de quatre patients du Centre local de traitement d’Ebola. 

Au centre de Nyankunde, ce samedi comme hier vendredi, les boutiques sont ouvertes et les habitants vaquent à leurs occupations, nous rapporte Kababoyoga Dieudonné, un enseignant joint au téléphone depuis Nyankunde. 

Au centre de traitement d’Ebola érigé en face de l’historique hôpital de Nyankunde, les activités tournent à la normale. Deux des quatre malades qui s’étaient échappés lors d’une tentative de saccage de l’enclos du CTE sont retournés dans la structure et ont rejoint les trois malades qui y étaient restés, rapporte à ACTUALITE.CD un infirmier joint depuis le CTE. 

«C’est mercredi soir que les gens voulaient s’apprendre au CTE. Quatre malades en ont profité pour s’échapper et jeudi nous avons localisé deux qui sont retournés au CTE. Seuls les deux autres courent dans la nature, et exposent la communauté. Actuellement nous assurons la prise en charge de ceux qui sont au CTE. Essentiellement le personnel local, car les humanitaires ne sont pas encore revenus », indique-t-il à ACTUALITE.CD.  

Docteur Kashinde Makuta, médecin directeur de l’hôpital de Nyankunde précise que le centre de traitement d’Ebola n’était pas saccagé. Des membres d’une famille qui réclamait le corps de leur proche, une femme décédée à l’hôpital et non au CTE faute de transfusion sanguine s’en étaient juste pris à l’enclos de la clinique de prise en charge d’Ebola érigée en face de l’hôpital. 

«Si réellement on a démoli et saccagé le centre de traitement d’Ebola de Nyankunde, vous trouveriez ici des dégâts. Comme vous le voyez avec nous, tout est en place. Il y a juste quelques fissures au niveau des tôles (servant d’enclos, ndlr) qu’on a eu à caillasser », réagit-il dans une vidéo partagée à ACTUALITE.CD, coupant ainsi court aux informations qui ont fait état du saccage du CTE.

Pour l’instant, les humanitaires, notamment le personnel de l’OMS, d’AFRICA CDC, de FHI 360 et de SAMARITAN PURSE qui ont été évacués jeudi à Bunia n’ont pas encore fait leur retour à Nyankunde. Nombreux préfèrent attendre évaluer l’évolution de la situation sécuritaire après l’enterrement du chef du groupe armé Front patriotique et intégrationniste de l’Ituri (FPIC), le général autoproclamé Hérode tué avec ses deux gardes lors d’une fusillade dans son bar à Nyankunde par un groupe de quatre hommes armés et cagoulés, jusque là non identifiés. Ses gardes sont morts sur place alors que lui est allé mourir à l’hôpital, suscitant la panique dans sa région d’Andisoma où il a l’encrage. Son corps est dans une morgue à Bunia en attendant son inhumation annoncée pour mardi dans la région de Nyankunde. 

Ce samedi, les chefs traditionnels, l’armée congolaise et la société civile poursuivent leur tournée dans les grandes agglomérations d’Irumu, sur l’axe Bunia-Komanda, en vue de rassurer les communautés et les encourager à la cohabitation pacifique en vue d’empêcher que ces incidents, surtout celui de l’assassinat du chef milicien envenime la cohabitation entre communautés.

Claude Sengenya