"Cessez cette quête d'une solution militaire": Washington appelle les parties à respecter le cadre de paix et menace de nouvelles mesures en cas d'inaction et d'obstruction 

Une photo d'une réunion du conseil de sécurité des Nations unies
Une photo d'une réunion du conseil de sécurité des Nations unies

Au Conseil de sécurité des Nations unies, Massad Fares Boulos, conseiller principal des États-Unis pour les affaires africaines a fait état du non-respect des engagements pris entre Kinshasa et Kigali dans le cadre de l’Accord de paix signé sous les auspices de l’administration Trump.

Cette session, tenue vendredi 26 juin 2026 et axée sur la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, en marge du premier anniversaire de la signature dudit accord au niveau ministériel, a servi de cadre au "Monsieur Afrique"  de l’administration Trump pour appeler Kinshasa et Kigali à honorer leurs engagements en faveur du retour de la paix dans l’Est de la RDC.

Alors que, sur le terrain, les hostilités se poursuivent entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23 appuyée par le Rwanda, faisant des morts, des déplacés internes et des réfugiés, Washington rappelle qu’il n’existe pas de solution militaire à cette crise. Les parties qui ne respecteront pas cette démarche s’exposeront à des mesures de riposte supplémentaires de la part des États-Unis d’Amérique.

"Notre message aux parties est clair : cessez cette quête d'une solution militaire à ce conflit, une quête trop dangereuse, et respectez le cadre convenu pour la paix. Toute inaction, toute obstruction supplémentaire de la part des parties se soldera par des mesures de riposte supplémentaires. Agir pour la paix est nécessaire dans le cadre de l'accord de Washington, mais aussi dans le cadre des pourparlers entre la RDC et le M23, qui ont eu lieu au Qatar et en Suisse", a tonné Massad Fares Boulos dans son intervention.

Dans le même registre, il a reconnu le rôle des Nations unies dans les efforts visant à amener les parties à respecter leurs engagements, en évoquant notamment l’exemple de la résolution 2773 adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU.

"Le Conseil de sécurité, comme nous l'avons vu avec la résolution 2773 du Conseil de sécurité, est essentiel pour que des comptes soient rendus. S'agissant de la MONUSCO, aujourd'hui, nous avons la chance de saluer le rôle critique qu'elle joue dans la mise en œuvre du processus de paix", a fait savoir  Massad Boulos, conseiller principal des États-Unis pour les affaires africaines.

En dépit de l’existence de l’Accord de Washington et des réunions d’évaluation qui se succèdent, la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) continue de se détériorer. Face à cette réalité, les appels se multiplient aux niveaux national, régional et international pour exhorter les différents protagonistes à respecter les engagements souscrits dans le cadre des initiatives de paix.

Toutefois, ces appels demeurent, jusqu’à présent, sans effet notable. L’objectif de réduire le fossé persistant entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques enregistrées sur le papier peine encore à se concrétiser. Chaque partie continue, en effet, d’interpréter les dispositions de l’accord selon sa propre lecture, rendant sa mise en œuvre de plus en plus incertaine.

Il en va de même pour le processus de Doha, placé sous l’égide de l’État du Qatar. Malgré plusieurs cycles de discussions, Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23 peinent toujours à rapprocher leurs positions sur les principaux points de divergence. L’étape de Montreux, en Suisse, qui devait insuffler une nouvelle dynamique à ce processus, n’a pas produit les résultats escomptés. Les engagements issus de cette phase de négociations n’ont pas été pleinement respectés et les parties continuent de s’accuser mutuellement de leur non-respect.

Dans ce contexte, les efforts diplomatiques engagés par les partenaires internationaux restent confrontés au défi majeur de la mise en œuvre effective des accords conclus, alors que les combats se poursuivent sur le terrain et que les conséquences humanitaires continuent de s’aggraver.

Clément MUAMBA