Procès Tshiwewe, Numbi et consorts : pour des raisons d’État et afin de permettre aux autres collectifs de la défense de déposer leurs mémoires, la Haute Cour renvoie l’affaire au 9 juillet

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Le Général John Numbi, l'un des personnalités congolaises sous sanctions européennes

La deuxième audience programmée ce jeudi 25 juin 2026 dans l'affaire opposant l’auditeur général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aux généraux d’armée John Numbi, ancien inspecteur général des FARDC, et Christian Tshiwewe, ancien chef d’état-major général des FARDC et ancien conseiller militaire du chef de l’État Félix Tshisekedi, ainsi qu’à sept autres officiers supérieurs et à Pascal Nyembo, n’a duré que quelques minutes devant la Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo.

Selon le premier président de la Haute Cour militaire, le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende, le renvoi de cette audience fait suite à des raisons d’État liées à l’indisponibilité de certains membres de la composition. L’affaire a donc été renvoyée au 9 juillet 2026.

« C'est à cause de l'indisponibilité de quelques membres de la composition, à cet effet, il a été évoqué les raisons d'Etat », a dit à la presse maître Papy Nyango, l'un des avocats de la défense.

Ce report, selon la juridiction militaire, vise également à permettre aux autres collectifs de la défense de déposer les mémoires concernant leurs clients. Selon Maître Parfait Kanyenga, avocat du général d’armée Christian Tshiwewe, leur collectif a déjà déposé le mémoire et attend son examen lors de la prochaine audience.

« Nous avons déposé les mémoires uniques, nous devons exposer les moyens de nos mémoires et ce n'est qu'après que nous allons commencer le fond. Le général d'armée Christian Tshiwewe a déposé son mémoire unique par moi son Conseil et nous attendons en découdre le 9 juillet 2026 », a-t-il fait savoir.

La première audience avait été dédiée à l'identification des prévenus. À cette occasion, la Haute Cour militaire les avait également informés des griefs retenus contre chacun d'eux. Ils sont appelés à répondre à des chefs d'accusation particulièrement graves, notamment : complot, trahison, apologie du terrorisme, propagation de faux bruits, violation des consignes, désertion à l'étranger, détention illégale d'armes et de munitions de guerre, ainsi qu'incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline.

L'audience précédente, présidée par le premier président de la Haute Cour militaire, le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende, avait permis à la juridiction militaire de procéder à l'identification des différents prévenus. Plusieurs d'entre eux étaient présents et assistés de leurs avocats-conseils. Il s'agit notamment du général d'armée Christian Tshiwewe Songesa ; du général d'armée John Numbi Banza Ntambo (en fuite) ; du général-major Maurice Nyembo Kufi ; du général de brigade Chinyabuuma Kamukinde ; du général de brigade Ngoy wa Kabila John ; du général de brigade Sangwa Muhemedi John ; du colonel Mukombozi Zahinda Guy ; du colonel Sangwa Lumbu Pathy ; du colonel Tshinabo Kenge Christophe (en fuite) ; et enfin de Pascal Nyembo Muyumba (en fuite), ancien directeur général du Centre d'expertise, d'évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC).

En revanche, le général d'armée John Numbi, ancien inspecteur général des FARDC, Pascal Nyembo Muyumba, ancien directeur général du CEEC, ainsi que le colonel Tshinabo Kenge Christophe n'étaient pas présents à l'ouverture de l'audience devant la Haute Cour militaire et sont considérés comme étant en fuite. L'auditeur général des FARDC avait ainsi requis que le défaut soit retenu à leur égard. Selon le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des FARDC, cette démarche se justifie au regard des dispositions des articles 326 et 327 du Code judiciaire militaire congolais, les prévenus concernés étant en fuite.

Ce nouveau procès vient allonger la liste des affaires judiciaires impliquant des hauts gradés et officiers généraux des FARDC, dans un contexte marqué par la guerre d’agression menée par le Rwanda à travers la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par Kigali dans l’est de la RDC. Parmi les griefs généralement retenus dans ce type de dossiers figurent notamment le complot, la trahison, l’exécution d’ordres illégaux ainsi que l’accomplissement d’actes ou d’instructions contraires à la loi dans l’exercice de leurs fonctions.

Clément MUAMBA