À La Haye, Kinshasa plaide pour une accélération de la justice internationale face aux crimes commis dans l'Est de la RDC

Photo d'illustration
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La République démocratique du Congo a appelé, ce mercredi 24 juin 2026, la Cour pénale internationale (CPI) à accélérer les enquêtes et les poursuites visant les auteurs, commanditaires et complices des crimes commis dans les territoires affectés par les conflits armés dans l'Est du pays, notamment en raison de l'activisme des groupes armés locaux et étrangers ainsi que de l'agression rwandaise à travers la rébellion de l'AFC/M23.

Cette démarche a été portée par le ministre d'État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, lors de sa mission de travail effectuée à La Haye auprès des principales institutions de la justice pénale internationale. Cette mission, selon la cellule de communication du ministère de la justice et garde des sceaux, s'inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération judiciaire internationale et de l'engagement du gouvernement congolais en faveur de la lutte contre l'impunité.

Reçu par la présidente de la CPI, la juge Tomoko Akane, en présence de la seconde vice-présidente, la juge Reine Alapini-Gansou, le ministre congolais a insisté sur la nécessité d'une réponse judiciaire internationale à la hauteur des souffrances endurées par les populations civiles de l'Est de la République Démocratique du Congo

"Les millions de victimes des violences dans l'Est de notre pays attendent toujours que la vérité soit établie, que les responsabilités soient clairement identifiées et que justice soit rendue" a déclaré Guillaume Ngefa Atondoko Andali.

Au cours des échanges, poursuit la source citée, la délégation congolaise a souligné que les populations de l'Est continuent de subir les conséquences des conflits armés, notamment les déplacements forcés, les massacres de civils et les violations graves des droits humains et du droit international humanitaire.

Pour Kinshasa, l'accélération des enquêtes en cours doit s'accompagner d'un renforcement de la documentation des crimes commis ainsi que d'une identification rigoureuse des chaînes de responsabilité.

"L'établissement des responsabilités, y compris au niveau des chaînes de commandement, demeure une attente essentielle des victimes et une condition indispensable à la lutte contre l'impunité" a affirmé le ministre d'État.

Les discussions ont également porté sur la situation sécuritaire et humanitaire dans l'Est de la RDC. Les autorités congolaises ont réitéré leur demande de voir les auteurs, coauteurs, commanditaires et complices des crimes relevant du Statut de Rome répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes.

Selon le ministre de la Justice, "la justice internationale ne peut se limiter à des principes. Elle doit produire des résultats concrets pour les victimes et contribuer à la restauration d'une paix durable fondée sur le droit et la responsabilité".

La même préoccupation a été au centre des échanges avec le procureur adjoint de la CPI, Mame Mandiaye Niang. Les deux parties ont évoqué l'état d'avancement des enquêtes en cours, le renforcement de la coopération judiciaire ainsi que la mise en œuvre du principe de complémentarité entre les juridictions nationales et la Cour pénale internationale.

À cette occasion, la RDC a réaffirmé sa volonté de renforcer ses capacités judiciaires internes tout en s'appuyant sur les mécanismes internationaux prévus par le Statut de Rome pour poursuivre les crimes les plus graves.

Au-delà des questions judiciaires, la mission a également permis d'aborder la modernisation des outils d'enquête ainsi que le renforcement des capacités techniques du personnel judiciaire congolais.

Pour les autorités congolaises, la lutte contre l'impunité doit demeurer un principe universel appliqué à tous les auteurs de crimes internationaux, sans distinction, afin de garantir aux victimes l'accès à la justice et de consolider les perspectives de paix dans la région des Grands Lacs.

À travers cette mission diplomatique et institutionnelle, la République démocratique du Congo réaffirme sa volonté de consolider ses relations avec les principaux acteurs de la justice internationale et de promouvoir un système judiciaire plus efficace, crédible et conforme aux normes internationales. Cette démarche intervient dans un contexte marqué par l'agression rwandaise à travers la rébellion de l'AFC/M23, soutenue par le Rwanda, ainsi que par les nombreux rapports d'organisations internationales faisant état de violations massives des droits de l'homme, de crimes de guerre et d'autres atteintes graves au droit international humanitaire dans les zones sous contrôle de cette rébellion dirigée notamment par Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga.

Depuis la résurgence de l'AFC/M23 et l'intensification de l'agression rwandaise dans l'Est de la RDC, le Gouvernement congolais a constamment affirmé que sa riposte ne se limiterait pas aux fronts militaire et diplomatique. À plusieurs reprises, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a engagé le Gouvernement à renforcer le front judiciaire international afin d'obtenir réparation pour les préjudices subis, de poursuivre les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, et de documenter systématiquement le pillage des ressources naturelles de la République démocratique du Congo

Clément MUAMBA