Débat sur le changement de la constitution : pour le Forum des droits humains, à ce stade de l'histoire de la RDC, une telle initiative ne constitue pas une priorité nationale

Le Forum des Droits Humains (FDH), organisation engagée dans la promotion et la protection des droits humains, de l'État de droit et de la démocratie en RDC, a exprimé, ce jeudi 25 juin, son opposition à toute initiative visant à changer la constitution et appelle à privilégier la paix et la sécurité du pays, notamment dans la partie Est. 

Dans un communiqué de presse dont une copie est parvenue à ACTUALITE.CD, le FDH estime qu'un un tel projet n'est pas favorable dans le contexte actuel du pays, marqué par l'insécurité persistante dans l'Est et que les efforts doivent plutôt être orientés vers le rétablissement de la paix et la sécurité sur l'ensemble du territoire national. 

« Le FDH considère que toute initiative visant à réviser ou à changer la Constitution risquerait d'accentuer les tensions politiques et sociales, au détriment des efforts nécessaires pour restaurer la paix, renforcer la cohésion nationale et répondre aux préoccupations urgentes des populations affectées par la guerre », peut-on lire dans ce communiqué. 

Le FDH rappelle que plusieurs territoires de la partie Est demeurent affectés par les conflits armés et que certaines zones restent sous l'influence de groupes armés, tels que M23, CODECO, ADF et Twirwaneho. « Cette situation engendre de graves violations des humains ainsi que des déplacements massifs de population », ajoute le communiqué. 

L’organisation souligne aussi que l' article 219 de la constitution interdit toute révision constitutionnelle en période d'état de guerre  ou l'état de siège.

Le FDH invite, par ailleurs, les acteurs politiques, sociaux et religieux à privilégier le dialogue, la concertation et la recherche du consensus national. 

Le débat autour du changement de la constitution divise actuellement la classe politique congolaise. Soutenue par le régime au pouvoir, cette initiative est décriée par l’opposition politique qui voit, en cette démarche, une façon d’éterniser au pouvoir l’actuel chef de l’État. Même au sein de la société civile, on ne parle pas le même langage. 

Jemira Likofata et Glody Zonga, stagiaires Université Omnia Omnibus