Processus de Doha : Kinshasa et Kigali réitèrent leur soutien et s’engagent à s’abstenir de toute action ou rhétorique hostile

Le gouvernement congolais et l’Alliance Fleuve Congo/M23 ont signé à Doha le Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu
Le gouvernement congolais et l’Alliance Fleuve Congo/M23 ont signé à Doha le Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu

La République démocratique du Congo (RDC) et la République du Rwanda ont réaffirmé leur engagement en faveur de la paix et de la stabilité dans l’Est de la RDC à l’issue de la sixième réunion du Comité mixte de surveillance (CMS), tenue mercredi 24 juin 2026 à Londres en présence des États-Unis, du Qatar, du Togo en qualité de médiateur de l’Union africaine, ainsi que de la Commission de l’Union africaine.

Au cours de cette rencontre, rapporte le communiqué du Département d'Etat américain, les deux parties ont convenu de renforcer leur soutien aux efforts diplomatiques en cours. Elles se sont notamment engagées à "apporter tout leur soutien pour mener à bien les négociations en cours entre la RDC et l’AFC/M23 dans le cadre du processus de Doha".

Dans le même esprit, Kinshasa et Kigali ont promis de prendre des mesures visant à restaurer la confiance mutuelle. Les deux pays ont ainsi convenu de "s’abstenir de toute action ou rhétorique hostile, en particulier d’attaques politiques ou d’un langage susceptible de compromettre ou de compliquer la pleine mise en œuvre des Accords de Washington, y compris dans les instances internationales".

Préoccupation face à la dégradation de la situation sécuritaire

Faisant le point sur l’évolution de la situation depuis la précédente réunion, précise la source citée, le Comité d’opérations conjoint (COC) a exprimé sa "vive préoccupation " face à l’intensification des affrontements dans l’Est de la RDC. Les participants ont également souligné les conséquences des frappes de drones sur les populations civiles ainsi que leurs répercussions sur le processus de paix.

Le COC a en outre alerté sur l’aggravation de la crise humanitaire dans les zones touchées par le conflit, évoquant notamment la poursuite de l’épidémie d’Ebola. Face à cette situation, les parties ont reconnu " l’urgence de prendre des mesures pour garantir l’efficacité du cessez-le-feu".

Neutralisation des FDLR et désengagement des forces

Lors de la réunion, la République Démocratique du Congo a présenté l’état d’avancement de ses opérations de neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), tandis que le Rwanda a informé les participants de l’évolution du processus de désengagement de ses forces et de la levée progressive de ses mesures défensives.

La RDC et le Rwanda ont exprimé leur gratitude aux États-Unis, au Qatar, au Togo et à la Commission de l’Union africaine pour leur accompagnement constant dans le processus de paix. Les deux délégations ont également remercié le Royaume-Uni pour avoir accueilli cette nouvelle session du Comité mixte de surveillance à Londres. Selon le communiqué final, la prochaine réunion du Comité mixte de coordination et de médiation (JSCM) devrait se tenir dans les quinze prochains jours afin d’évaluer les progrès réalisés et poursuivre les efforts de stabilisation dans la région.

Cette nouvelle rencontre intervient dans un contexte marqué par plusieurs initiatives diplomatiques, notamment les accords de Washington et le processus de Doha, visant à instaurer un cessez-le-feu durable et à relancer le dialogue entre les parties prenantes au conflit qui secoue l’Est de la RDC depuis plusieurs années. Toutefois, ces démarches n’ont pas encore produit de résultats concrets sur le terrain, où les hostilités se poursuivent entre la rébellion et les forces gouvernementales.

Face à cette situation, des voix continuent de s’élever aux niveaux national, régional et international pour appeler les différentes parties au respect des engagements pris dans le cadre des initiatives de paix. Cependant, ces appels demeurent jusqu’à présent sans effet notable. L’objectif de réduire le fossé persistant entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques enregistrées sur le papier peine encore à se concrétiser. Chaque partie continue d’interpréter les dispositions des accords selon sa propre lecture, ce qui rend leur mise en œuvre toujours plus complexe

Clément MUAMBA