Interpellé en direct lors du Space live animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le secrétaire général de la CENCO, Mgr Donatien Nshole, a répondu mardi soir avec fermeté au communiqué de l'Union Sacrée de la Nation qui qualifiait la déclaration des évêques d'« acte de subversion ».
D'entrée, Mgr Nshole a exprimé son « sentiment de pitié » face à une déclaration publiée « en ce jour où on vient de certifier plus de mille cas de morts d'Ebola et en ce temps où la situation sécuritaire est ce qu'elle est ».
Avant de saluer le courage des membres de la coalition majoritaire qui ont eux-mêmes rejeté le texte, reconnaissant, selon ses propres mots, « la bassesse de cette déclaration ».
Sur le fond, le secrétaire général de la CENCO a dénoncé une « malhonnêteté intellectuelle » dans la formulation même du communiqué. « On parle de quelques évêques. Ce sont des députés, des sénateurs qui maîtrisent la notion du quorum. Si l'Assemblée nationale se réunit et que le quorum est atteint, ils ne parlent pas de quelques députés », a-t-il relevé, assurant que les évêques présents lors de l'adoption de la déclaration « étaient unanimes ».
Mgr Nshole a par ailleurs retourné l'accusation de connivence avec le Rwanda contre ses auteurs. Rappelant qu'un évêque avait posé la question à un parlementaire de la majorité, il a affirmé : « Est-ce qu'il n'y a pas un deal entre le pouvoir de Kinshasa et le Rwanda, pour qu'eux restent à occuper la partie qu'ils occupent et qu'on les laisse tranquille ici pour évoluer comme ils veulent ? » Allant plus loin, il a soutenu que la tenue d'un référendum constitutionnel sans les populations du Nord et du Sud-Kivu, sous occupation de l'AFC/M23, « consacrerait la balkanisation ». « Donc ce sont eux qui seraient en connivence avec Kagame », a-t-il lancé.
Le prélat a conclu en appelant le peuple congolais à se mobiliser pour la paix et la réunification du pays, affirmant avoir reçu « des réactions de tous les coins du pays » en soutien à la position de la CENCO. « Personne ne peut décourager les pasteurs à prendre leur bâton pastoral pour faire leur travail », a-t-il martelé.