RDC-Rwanda : près de 280 000 réfugiés et demandeurs d’asile recensés dans les deux pays

Rapatriement des réfugiés rwandais à partir de Goma
Rapatriement des réfugiés rwandais à partir de Goma

Réunis lundi 22 juin 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, les représentants de la République démocratique du Congo (RDC), du Rwanda et du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ont adopté une feuille de route 2026-2027 destinée à accélérer le rapatriement volontaire des réfugiés des deux pays. Cette décision est intervenue à l'issue de la réunion ministérielle tripartite de haut niveau consacrée à la recherche de solutions durables à la question des réfugiés, l'un des dossiers les plus sensibles dans les relations entre Kinshasa et Kigali.

Selon le communiqué conjoint sanctionnant les travaux, les parties ont constaté que les deux pays continuent d'accueillir un nombre important de réfugiés et de demandeurs d'asile. Selon le même document, la RDC héberge actuellement 196 289 réfugiés et demandeurs d'asile rwandais, dont 75 421 sont enregistrés biométriquement, tandis que le Rwanda accueille 84 456 réfugiés et demandeurs d'asile congolais.

"Les Parties ont réaffirmé leur engagement en faveur du retour volontaire, sûr, digne et éclairé des réfugiés, pierre angulaire de solutions durables et contribution à la consolidation de la paix et à la stabilité régionale", indique le communiqué conjoint.

Cette réunion s’est tenue conformément aux accords tripartites sur le rapatriement volontaire des réfugiés congolais vivant au Rwanda et des réfugiés rwandais vivant en République démocratique du Congo, signés le 17 février 2010. Elle s’inscrit également dans le respect des principes consacrés par la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, son Protocole de 1967 ainsi que la Convention de l’OUA de 1969 régissant les aspects spécifiques du problème des réfugiés en Afrique.

La question des réfugiés a toujours figuré parmi les principaux points de discorde entre Kinshasa et Kigali, mais également entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23. C’est dans ce contexte que cette problématique a été intégrée aux discussions menées dans le cadre de l’Accord de paix de Washington, signé entre la République démocratique du Congo et le Rwanda sous les auspices des États-Unis d’Amérique. La question des réfugiés est également au cœur du processus de Doha, engagé après la signature de la déclaration de principes entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, sous la médiation de l’État du Qatar.

Dans ces deux initiatives diplomatiques, conduites respectivement par les États-Unis et le Qatar, la problématique des réfugiés occupe une place centrale. Toutefois, la mise en œuvre de ces engagements accuse un retard notable. Alors que ces processus de paix avaient suscité beaucoup d’espoir auprès des populations de l’Est de la RDC, les résultats concrets tardent à se matérialiser sur le terrain, près d’une année après leur lancement.

Clément MUAMBA