À Matonge, l’un des quartiers les plus emblématiques de Kinshasa, une fresque murale attire désormais les regards des passants et des visiteurs. Réalisée sur l’avenue Digba, non loin de la célèbre "Ndaku ya la vie est belle", cette œuvre intitulée "52 ans" rend hommage à la qualification historique de la République Démocratique du Congo à la Coupe du monde 2026, et établit un pont entre les héros du Zaïre 74 et la génération actuelle des Léopards.
Œuvre des artistes Tata Nizzoo Kobo et Jonatemps Mbomba du Collectif Moyindo Tag, la fresque raconte, à travers ses couleurs et ses portraits, plus d’un demi-siècle d’histoire, d’espoir et d’attachement du peuple congolais à leur équipe nationale.
La fresque réunit plusieurs figures emblématiques de l’histoire du football congolais, établissant un dialogue entre le passé et le présent. On y retrouve notamment des références de la génération du Zaïre 1974, qui avait offert au pays sa première participation à une phase finale de Coupe du monde, une performance restée sans lendemain pendant plus d’un demi-siècle.
À leurs côtés figurent des joueurs de l’actuelle équipe nationale, dont les performances ont permis à la RDC de retrouver la plus prestigieuse compétition du football mondial. Ces portraits incarnent le renouveau des Léopards et les espoirs suscités par cette nouvelle qualification.

Au cœur de l’œuvre, le nombre 52. Il symbolise les cinquante-deux années séparant l’épopée du Zaïre au Mondial 1974 du retour de la RDC sur la scène mondiale en 2026.
À travers cette mise en scène, les artistes soulignent la transmission d’un héritage sportif, le lien entre les générations de footballeurs congolais et la permanence d’un rêve collectif porté par tout un peuple.
Une œuvre porteuse de mémoire et d’émotion
Pour Tata Nizoo Kobo, cette fresque dépasse le simple cadre artistique. Elle se veut avant tout un hommage à l’histoire du football congolais et à l’attachement des supporters à leur équipe nationale.
« Le football n’est pas qu’un jeu, c’est une mémoire qui se transmet, une flamme qui ne s’éteint jamais. 52 ans d’attente, de passion et de résilience. Pour honorer ce retour historique de la RDC en Coupe du monde, nous avons voulu figer cette émotion brute sur le mur », explique-t-il.
Et d’ajouter :
« Cette œuvre est dédiée à notre histoire, à nos joueurs et à chaque Congolais qui vibre pour ce drapeau. Ensemble, poussons nos Léopards vers les sommets ».
À travers cette réalisation, les auteurs mettent en avant la portée symbolique de la qualification de la RDC au Mondial 2026. Plus qu’un exploit sportif, cet événement est présenté comme un moment de communion nationale, capable de raviver la mémoire collective et de rassembler les Congolais autour d’une même fierté et d’un même espoir.

Le 17 juin 2026, pour leur premier match de la Coupe du monde face au Portugal de Cristiano Ronaldo, les Léopards de la RDC ont marqué les esprits en arrachant un précieux match nul. Une rencontre déjà entrée dans l’histoire du football congolais, notamment grâce au premier but de l’histoire de la RDC dans la plus prestigieuse compétition du football, inscrit par l’attaquant de Newcastle United, Yoane Wissa.
Fort de ce résultat encourageant, le sélectionneur Sébastien Desabre et ses hommes auront désormais à confirmer leur dynamique lors de leur deuxième sortie dans le groupe, face aux Cafeteros de la Colombie, dans une rencontre qui pourrait s’avérer déterminante pour la suite de leur parcours.
James Mutuba