RDC : 24 heures après la C64 de l'opposition, l'UDPS lance la Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution (C4) et entre dans la bataille pour la révision constitutionnelle

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La guerre des coalitions est déclarée autour de la question constitutionnelle en République démocratique du Congo. Vingt-quatre heures à peine après la création par l'opposition de la coalition « Article 64 pour la défense de l'ordre constitutionnel » (C64), regroupant notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga, le parti présidentiel UDPS/Tshisekedi a riposté en annonçant la mise en place d'une plateforme pro-révision dénommée « Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution », C4. L'annonce a été faite par le secrétaire général et président par intérim du parti, Augustin Kabuya Tshilumba, dans une déclaration sur Facebook.

La nouvelle structure se veut large et transversale. Elle sera ouverte aux partis politiques, à la société civile, aux confessions religieuses et aux mouvements associatifs, avec pour mission principale de mener une campagne de sensibilisation en faveur d'une nouvelle constitution. Le chiffre 4 retenu pour le sigle symbolise les quatre zones linguistiques de la République démocratique du Congo, une référence à portée nationale destinée à ancrer la démarche dans une logique d'unité territoriale, explique Kabuya 

Sur le fond, l'UDPS justifie cette initiative en invoquant le « testament » du fondateur du parti, feu le docteur Étienne Tshisekedi wa Mulumba, qui aurait, de son vivant, promis au peuple congolais de revoir une constitution qu'il qualifiait de texte « rédigé par les belligérants ». En s'en réclamant héritiers, les cadres du parti présidentiel tentent ainsi de légitimer politiquement et moralement leur engagement en faveur d'une révision que leurs adversaires dénoncent comme une manœuvre visant à permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat.

La création quasi simultanée des coalitions C64 et C4 illustre la polarisation croissante du débat politique congolais autour de la question constitutionnelle. D'un côté, une opposition rassemblée derrière l'article 64 de la Constitution, qui appelle les citoyens à faire obstacle à tout pouvoir qui s'exercerait en violation de la loi fondamentale, et de l'autre, le camp présidentiel qui mobilise ses forces pour préparer le terrain à un changement. Le bras de fer qui s'annonce devrait structurer l'essentiel de la vie politique congolaise dans les prochains mois.