Au cours d’un briefing presse ce mardi 19 mai, consacré à l’état épidémiologique suite à la 17ème épidémie d’Ebola qui s’étend à travers le pays après sa déclaration officielle en Ituri, le ministre de la santé, Roger Kamba, a fustigé la fermeture temporaire des frontières rwandaises et américaines.
Il a démontré que le gouvernement de Kigali n'a pas le droit de fermer les frontières en cas d’épidémie, conformément au règlement sanitaire international, qui veut que la circulation des personnes et des biens reste libre, mais tout en mettant en place des mesures de santé publique.
«Le Rwanda n’avait pas le droit de fermer ses frontières. Parce que le règlement sanitaire international dit qu'il ne faut pas fermer des frontières en cas d’épidémie. On doit laisser circuler les personnes et les biens, mais on doit mettre des mesures de santé publique», explique Roger Kamba.
Il s’est également exprimé sur les mesures américaines des contrôles sanitaires et la restriction d’octroi des visas pour les étrangers ayant voyagé dans les zones touchées, dont la RDC, après la flambée de cas. «Le règlement sanitaire ne nous dit pas qu’il faut fermer les frontières», a-t-il rappelé.
La Division provinciale de la santé (DPS) de l’Ituri a présenté, ce lundi 18 mai, une nouvelle mise à jour de la situation épidémiologique liée à la maladie à virus Ebola dans la province. Selon les statistiques communiquées par les autorités sanitaires, l’Ituri totalise désormais 513 cas suspects et 131 décès suspects enregistrés dans plusieurs zones touchées par l’épidémie.
La DPS précise également que 30 cas ont déjà été confirmés après des analyses effectuées en laboratoire. En parallèle, 541 personnes identifiées comme contacts des malades font actuellement l’objet d’un suivi sanitaire renforcé afin de limiter la propagation du virus.
Alors que les vaccins et les médicaments pour la souche Bundibugyo sont pour l’instant inexistants, la communauté scientifique internationale se mobilise en urgence pour combler le vide vaccinal qui dure depuis le début de l’actuelle souche. Trois candidats vaccins sont désormais envisagés en développement accéléré et simultané, a annoncé mardi. Jean Kaseya, DG d'Africa CDC. Le premier est un vaccin à ARN messager spécifique à la souche Bundibugyo, dont la technologie, éprouvée lors de la pandémie de Covid-19, pourrait permettre une disponibilité en environ trois mois.
Le deuxième est le vaccin ChAdOx développé par l'Université d'Oxford, dont la fabrication serait accélérée. Le troisième, le VSV-BDBV, actuellement au stade académique à l'Université du Texas, devrait être transféré vers une production aux normes pharmaceutiques internationales (GMP) pour pouvoir être déployé à grande échelle.
Samyr LUKOMBO